Cinema

[Compétition] « Tale of tales » de Matteo Garrone : un bestiaire puissant

[Compétition] « Tale of tales » de Matteo Garrone : un bestiaire puissant

17 mai 2015 | PAR Yaël Hirsch

Après son apparition avec Reality (voir notre critique), Matteo Garrone nous revient avec une adaptation de contes napolitains très cruels du 17ème siècle par Giambattista Basile. Un univers fou, où l’humain croise l’animal, tourné en anglais, avec un casting international. Plusieurs images nous ont réellement éblouies, malgré le caractère décousu voulu par l’exercice.

[rating=4]

Dans trois royaumes adjacents, les rois et les reines sont confrontés à l’animal. La reine de Selvascura (Salma Hayek) mange le cœur d’un grand monstre marin pour assouvir son désir d’enfant. Pour ce faire, son mari, le roi, (John C Reilly) perd la vie en affrontant le monstre… Le roi d’Altomonte (Toby Jones) se trouve éperdu de tendresse pour une puce géante…Le roi de Roccaforte enfin (Vincent Cassel) est un tombeur de femmes qui se trouvé piégé par une vieille dame (Hayley Carmichael) lui faisant croire qu’elle est une jeune-fille.

Il y a du Jérôme Bosch plus que du Rembrandt dans cette fresque du 17ème siècle replongée dans le moyen-âge. Mais il y a aussi des images mythiques (Judith et la tête de Holopherne), des scènes originelles (le festin de l’affiche), et des thèmes beaucoup plus contemporains qu’il n’y paraît (se faire « écorcher la peau » pour lui redonner sa jeunesse, l’autorité parentale en question, un désir indomptable, les cirque à la Fellini…) Si l’adaptation de fable fantastique donne forcément un résultat décousu, Garrone n’a pas perdu son sens de la mise en scène et son bestiaire parvient par à coups à nous faire frémir. Une jungle esthétique.

Tale of tales, un film de Matteo Garrone. D’après les contes de Giambattista Basile. Avec Vincent Cassel, Salma Hayek, John C. Reilly, Alba Rohrwacher, Stacy Martin, Guillaume Delaunay, Toby Jones, Shirley Henderson, Christian Lees, Jonah Lees. Film fantastique, Italie/France/Grande-Bretagne. Durée : 2h05. En salles le 1er juillet 2015.

Retrouvez tous les films de la Compétition dans notre dossier Cannes

Visuel : © Greta de Lazzaris

[Compétition] « Mia madre » : Moretti dans la tête d’une femme en deuil
[Live report] As They Burn au Divan du Monde : le grand final !
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *