Cinema
[Cannes 2021] Jour 11 : Nitram nébuleux, Les Intranquilles servi par le grand Bonnard, et Bill Murray et la Queer Palm pour finir en fête

[Cannes 2021] Jour 11 : Nitram nébuleux, Les Intranquilles servi par le grand Bonnard, et Bill Murray et la Queer Palm pour finir en fête

17 juillet 2021 | PAR Geoffrey Nabavian

La veille de la remise de la Palme d’or par le jury de la compétition 2021 : toujours un jour de grandes attentes sur la Croisette. Cette dernière journée intense s’est en tout cas terminée sur de très bonnes notes positives, avec Bill Murray déclamant sur de la musique classique, et la remise de la onzième Queer Palm de l’histoire du Festival.

À 10 heures, on a pu découvrir Noche de fuego, l’un des derniers films projetés cette année au sein d’Un certain regard. Un objet très stimulant au final, livrant des images saisissantes – et pourtant bien réelles – de la vie dans les montagnes mexicaines de nos jours. Monts dans lesquels de très jeunes filles, de nuit, jouent à s’inventer des pays imaginaires malgré la violence qui couve, et les explosions affaissant ces sommets, la journée dans les carrières. Un film esthétiquement fort et surprenant.

 
À 11 heures, un « Documentaire surprise » était proposé Hors compétition. Il s’agissait en fin de compte de Revolution of our times, signé par Kiwi Chow : un document consacré aux combats des manifestants ayant combattu à Hong Kong la loi sur l’extradition vers la Chine, donnant à voir avec un rythme nerveux, toute l’organisation de ces engagés hommes et femmes, organisation façon jeu en ligne dans la réalité. Un film tenant en haleine, et livrant beaucoup d’informations, en essayant d’expliquer davantage que de convaincre.
 
À 16 heures, la compétition nous a offert un moment pas totalement convaincant avec Nitram, nouveau film enragé de Justin Kurzel. Pour lire notre critique, cliquez ici.
 
Vers les 18 heures, nous avons établi nos pronostics pour la remise de la Palme d’or le lendemain. Pour connaître nos paris, cliquez ici.
 
À 19 h 15, on s’est plongé avec émotion dans le nouveau film de Joachim Lafosse, Les Intranquilles, en attendant une prestation d’exception de la part de l’immense Damien Bonnard. Nous n’avons pas été déçus. Pour lire notre critique, cliquez ici.
 
À 20 h 30, le Prix Un certain regard a été remis, à l’approche de la fin de ce Festival de Cannes 2021. Pour connaître le lauréat, bien choisi, cliquez ici.
 
À 20 h 45, un Thierry Frémaux mélancolique annonçant la fin prochaine de ce Festival aux allures de « camp de vacances » car s’étant déroulé en été, a lancé la projection du documentaire/captation de spectacle musical New Worlds – The Cradle of Civilization, projeté Hors compétition. Un long-métrage donnant à voir extraits et vie dans les coulisses du spectacle joué par Bill Murray, déclamant des textes choisis accompagné par trois interprètes de musique classique aguerri. Un objet idéal pour « finir en beauté », ayant occasionné une standing ovation pour l’acteur à son entrée dans la salle de projection.
 
À 23 heures, à presque deux doigts de la fin du Festival, il était enfin temps de découvrir le nouveau film de Gaspar Noé, Vortex, présenté dans la nouvelle section Cannes Première. Avec pour interprète masculin principal, Dario Argento. Pour connaître notre avis et lire notre critique, cliquez ici.
 
Enfin, à minuit, on s’est senti heureux de pouvoir assister à la remise de la Queer Palm, du Festival de Cannes 2021, sur la terrasse du toit du 3/14. Le jury de ce prix créé en 2010 par Franck Finance-Madureira était présidé cette année par le merveilleux Nicolas Maury – qu’on a été ravi d’entendre citer feu Manoel de Oliveira, et son film Le Principe de l’incertitude – et a au final décidé de couronner La Fracture, de Catherine Corsini, présenté en compétition. Sur la terrasse, la réalisatrice, présente avec sa productrice et compagne Élisabeth Perez, a affirmé que cette récompense couronnait sa carrière et sa vie de femme en même temps, car elle et sa conjointe avaient dû vivre leur amour cachées, étant issues de familles n’acceptant pas qu’elles soient lesbiennes. Et côté courts, deux films issus de la sélection Cinéfondation ont été distingués : La Caida del vencejo, de Gonzalo Quincoces, et Frida, d’Aleksandra Odic. Il ne restait plus qu’à boire un verre de vin blanc sur cette terrasse du toit du 3/14 donnant une vue de choix sur la nuit cannoise afin de se préparer à la clôture du Festival le lendemain, et à la découverte de Marx peut attendre au Cineum : un film signé tout récemment par Marco Bellocchio, cinéaste qui recevrait un prix pour l’ensemble de sa carrière le lendemain, lors de la Cérémonie de la Palme, en guise de dernière célébration offerte par cette édition 2021 du Festival de Cannes, très concluante et réjouissante au final.
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Visuel 1 : Justin Kurzel © Geoffrey Nabavian
Visuel 2 : Bill Murray accueilli en projection © Geoffrey Nabavian
Visuel 3 : Nicolas Maury remettant la Queer Palm © Geoffrey Nabavian
Visuel 4 : la soirée de la Queer Palm © Geoffrey Nabavian
Visuel 5 : Catherine Corsini s’exprimant avec Elisabeth Perez après avoir gagné la Queer Palm © Geoffrey Nabavian
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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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