Cinema

Cannes 2019 : les Prix de la section Un certain regard

Cannes 2019 : les Prix de la section Un certain regard

25 mai 2019 | PAR Geoffrey Nabavian

La passionnante section parallèle cannoise voit son Jury 2019 distinguer, au final, des films pour la plupart très marquants, avec des partis pris et de la personnalité.

Une odyssée dans la section cannoise Un certain regard se révèle toujours passionnante, au final. Cette année 2019 n’aura pas dérogé à la règle, et les prix décernés par son Jury, présidé par la réalisatrice Nadine Labaki, sont là pour le rappeler.

Si le film distingué par le Prix Un certain regardLa Vie invisible d’Euridice Gusmao, du brésilien Karim Aïnouz, ne reste pas notre préféré côté réalisation (les choix de mise en scène y desservent un peu l’odyssée dans un Brésil patriarcal contée), on acquiesce au Prix du jury donné à l’original et épuré Viendra le feu, où Oliver Laxe (lire notre live-report) suit avec sa caméra un pyromane repenti,  au Prix spécial du jury remis au très dur à soutenir Liberté, du grand Albert Serra, et à sa troupe de libertins sadiques égarés en pleine forêt, et particulièrement à la Mention Spéciale du Jury remis au magnifique Jeanne, de Bruno Dumont, dans lequel Jeanne d’Arc, Péguy, la musique de Christophe et l’avant-garde se mêlent magnifiquement et pertinemment. On rappelle que le maître de l’essai Lisandro Alonso était parmi les jurés…

Côté Prix de la mise en scène Un certain regard, le choix de Kantemir Balagov (signataire du cru, mordant et puissant Une grande fille) reste excellent, de même que celui de la splendidement naturelle Chiara Mastroianni, récompensée par le Prix d’interprétation de la section pour le film de Christophe Honoré, Chambre 212.

Nadine Labaki, la Présidente du Jury, avait affirmé lors de l’ouverture qu’elle ne voulait pas de concurrence entre les films, au sein d’Un certain regard cette année. À ce titre, un très grand nombre d’oeuvres ont été récompensées, et le Jury a même décerné des coups de coeur : l’un au très beau La Femme de mon frère, de Monia Chokri, et l’autre à la comédie inspirée The Climb, jouée et réalisée par l’énergique Michael Angelo Covino. Une année où les films aimés sont à la fête, à la fin, en somme.

Geoffrey Nabavian

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Visuel : © Toute La Culture – DR

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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