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[Critique] « The two faces of January », une véritable ambiance qui n’empêche pas un scénario décevant

[Critique] « The two faces of January », une véritable ambiance qui n’empêche pas un scénario décevant

31 mars 2014 | PAR Enora Le Goff

Première réalisation du scénariste de Drive, ce film à l’ambiance palpable et poussiéreuse ne convainc pourtant pas par son scénario, pas suffisamment exploité, et par une fin un peu trop longue.

[rating=3]

Synopsis: 1962. Un couple d’américains très élégants, le charismatique Chester MacFarland et sa jeune épouse Colette viennent d’arriver à Athènes. A l’Acropole ils font la rencontre de Rydal, un jeune guide touristique, américain mais parlant grec, arnaqueur de touristes à l’occasion. Séduit par la beauté de Colette et impressionné par l’argent et le raffinement de Chester, Rydal accepte sans hésiter leur invitation à dîner. Mais les Mc Farlands sont moins lisses qu’il n’y paraît. Dès son arrivée dans leur hôtel luxueux, Rydal est sommé par Chester de l’aider à déplacer le corps inanimé d’un homme, qui l’aurait soi-disant attaqué. Rydal accepte spontanément, mais les événements s’enchaînent et il se retrouve vite entraîné dans un engrenage malsain, piégé. 

Hossein Amini est notamment connu pour avoir écrit le scénario de Drive (prix de la mise en scène à Cannes), The two faces of January est donc son arrivée derrière la caméra, le tout avec un casting des plus intrigants, Viggo Mortensen en riche américain qui perd pieds, Kristen Dunst joue, elle, sa femme à la recherche de liberté et enfin Oscar Isaac en guide touristique pris au piège, mais tout en restant un personnage nuancé. Ce film marque par son ambiance, chaude et rassurante au départ, puis de plus en plus étouffante, malsaine, moite et irrespirable. Les décors antiques de la Grèce deviennent vite des dédales dont les personnages ne sortent plus, la chaleur devient mortelle, ne laisse derrière elle que la folie des personnages, et surtout de Viggo Mortensen, admirable dans sa chute aux enfers, incapable de contrôler la situation autrement que par la violence. Les bruitages participent à cette montée en tension, les multiples cigarettes grillées, les Zippo qui claquent, tout cela laisse présager une fin brûlante, cauchemardesque. Les vies des personnages se retrouvent consumées par leur destin qui semble inéluctable, le film a tout d’une tragédie grecque, le décor est bien choisi, le climax du film prend en effet place au beau milieu de ruines grecques, sous le regard de fresques antiques.

Malgré tout cela, on ne peut qu’être déçu par le dénouement, qui ne relève en aucun cas l’intrigue, la dernière demi-heure n’est qu’une suite de course-poursuite entre les deux hommes dont on ne décèle ni le but ni les motivations, permettant juste de réinstaller cette ambiance si particulière dans les rues d’Istanbul, le tout ré-haussé par la musique d’Alberto Iglesias (compositeur de La Piel que Habito). Le film aurait ainsi gagné en profondeur avec un scénario plus fourni, des enjeux plus évolutifs quant à la situation des personnages.

The two faces of January, de Hossein Amini. Avec Viggo Mortensen, Kristen Dunst et Oscar Isaac. 1h36, sortie le 18 juin.

Visuels (c): photo du film et bande annonce

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Enora Le Goff

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