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Les films sélectionnés par le Festival de Cannes en 2020

Les films sélectionnés par le Festival de Cannes en 2020

03 juin 2020 | PAR Geoffrey Nabavian

Cinquante-six films, révélés en ce mercredi 3 juin, sortiront dans les salles de cinéma françaises parés d’un Label Cannes. Le Festival entend aussi les « accompagner » au mieux lors de leur carrière.

Habituellement tenue à la mi-avril, la Conférence de presse du Festival de Cannes a lieu, en 2020, début juin : en ce mercredi soir, la direction de la manifestation est là, sur la scène de l’UGC Normandie à Paris, et vient rappeler que le Festival sera là pour soutenir les films qu’il aime, en cette année troublée, et ce malgré l’annulation de l’édition physique 2020. 

Après un salut aux exploitants de France et du monde entier, lancé par Thierry Frémaux, le Délégué Général, ce dernier révèle le nombre de productions vues, afin de composer cette sélection 2020, par lui-même et les comités amenés à programmer, comme chaque année, les sections Compétition, Un certain regard et Hors Compétition : 2 067 films. Cinquante-six d’entre eux ont été retenus pour être soutenus.

En 2020 naît donc le Label Cannes, attribué à certaines productions afin de contribuer à leur reconnaissance. Le but avoué de cette création reste d’« accompagner ces films d’une autre manière », selon Thierry Frémaux. Avec, pour commencer, cette conférence, destinée à « mettre leur nom sur la carte de la géopolitique du cinéma qui arrive ». Et également, au programme, entre autres, un soutien apporté en amont de leurs sorties en salles via les réseaux Internet du Festival, et un autre en partenariat avec les grands groupes de salles et les indépendants, ainsi que l’envie de la direction et des équipes de Cannes d’être présentes lors de certaines de leurs projections.  

Ce label et le travail qui l’a accompagné se doivent de constituer « une illustration de la force annuelle du Festival de Cannes », précise Pierre Lescure, réélu, en ces temps troublés, à la Présidence de la manifestation. Ce soutien n’empêche pas, d’autre part, la sélection de certaines des œuvres retenues dans d’autres festivals de cinéma prestigieux, tels que Toronto ou San Sebastian, ou Angoulême pour la France.

Rappelant que, lors de la période de confinement, le Palais où les productions sélectionnées sont habituellement projetées a accueilli les SDF avec des soins, Frémaux et Lescure considèrent cette année 2020, qui aura été à même de « faire bouger les lignes du Festival« . Quoi qu’il en soit, les cinquante-six films retenus pour le Label – qui auraient dû, en cas d’édition maintenue, faire partie de trois sections, Compétition, Un certain regard et Hors Compétition – sont cette fois « tous démocratiquement sur la même ligne », et prêts à visiter les salles françaises et à rencontrer leur public. À lui de remettre ses Prix.

Les cinquante-six films distingués par le Label Cannes, annoncés par Thierry Frémaux sous la forme de six grands ensembles :

1) Les films de réalisateurs « fidèles du Festival »

The French Dispatch de Wes Anderson (Etats-Unis ; sortie en France prévue le 14 octobre 2020). Armé d’un imposant casting – Timothée Chalamet, Bill Murray, Benicio Del Toro… – et d’un scénario décidé, entre autres, à rendre hommage aux journalistes.

Été 85 de François Ozon (France ; sortie le 15 juillet). Un Ozon sur la jeunesse, annoncé comme « très personnel ».

True Mothers de Naomi Kawase (Japon). La réalisatrice fut lauréate du Grand Prix pour La Forêt de Mogari.

Lovers rock de Steve McQueen (Grande-Bretagne). Film historique consacré à la communauté noire britannique, par le réalisateur de 12 years a slave.

Mangrove de Steve McQueen (Grande-Bretagne). Autre réalisation signée McQueen, consacrée à un procès de policier, sur fond d’actes racistes.

Another round de Thomas Vinterberg (Danemark  ; sortie le 14 octobre). Le réalisateur de Festen, Prix spécial du jury à Cannes, se penche sur la crise de la cinquantaine et l’alcoolisme, avec Mads Mikkelsen à son casting.

Last words de Jonathan Nossiter (Etats-Unis). Signé par le réalisateur du documentaire Mondovino, et consacré à la fin du monde.

ADN de Maïwenn (France/Algérie). Interprété et réalisé par Maïwenn, lauréate du Prix du jury pour Polisse.

Heaven : To the land of happiness d’Im Sang-soo (Corée du Sud). Un buddy movie, par le réalisateur de The President’s Last Bang et L’Ivresse de l’argent.

Forgotten we’ll be de Fernando Trueba (Espagne). Par le réalisateur oscarisé de Belle époque.

Des Hommes de Lucas Belvaux (Belgique ; sortie le 11 novembre). Avec dans son rôle principal Gérard Depardieu, et un scénario tiré du roman de Laurent Mauvignier, consacré aux soldats « appelés » de la Guerre d’Algérie.

Peninsula de Yeon Sang-ho (Corée du Sud ; sortie le 12 août). Film de morts-vivants qui constitue la suite du culte Dernier train pour Busan.

The real thing de Kôji Fukada (Japon). Très long film signé par le réalisateur d’Harmonium et Sayônara.

Au crépuscule de Sharunas Bartas (Lituanie)

-et le film à sketches Septet : the Story of Hong-Kong, réalisé par Tsui Hark, Johnnie To, Yuen Woo Ping, Sammo Hung, Patrick Tam et Ann Hui (Hong-Kong). Consacré à l’histoire de Hong-Kong, et produit par Johnnie To, « à qui nous adressons un salut amical [en ces temps troublés] » (Thierry Frémaux).

2) Les films de réalisateurs « nouveaux venus »

Passion simple de Danielle Arbid (Liban). D’après le roman d’Annie Ernaux.

A good man de Marie-Castille Mention-Schaar (France). Film abordant la transsexualité, joué par la grande Soko, et signé par la réalisatrice remarquée du Ciel attendra.

Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret (France). Avec Camélia Jordana, Niels Schneider et Vincent Macaigne.

Souad d’Ayten Amin (Egypte). Film d’une réalisatrice égyptienne, consacré à des jeunes filles dans l’Egypte actuelle.

Limbo de Ben Sharrock (Grande-Bretagne). Long-métrage consacré à des sans-papiers, et réalisé sur un mode rappelant Aki Kaurismäki.

Here we are de Nir Bergman (Israël). Nouveau film du réalisateur israélien de La Grammaire intérieure.

Rouge de Farid Bentoumi (France). Avec Sami Bouajila – déjà dirigé par le réalisateur dans la comédie Good Luck Algeria, ici dans le rôle d’un responsable syndicaliste au sein d’une usine, et Zita Hanrot.

Sweat de Magnus von Horn (Suède). Par le réalisateur du Lendemain.

Teddy de Ludovic et Zoran Boukherma (France). Un film des réalisateurs de Willy 1er, avec Anthony Bajon, jeté au cœur d’une histoire de loup-garou.

Février de Kamen Kalev (Bulgarie). Par le réalisateur d’Eastern plays.

Ammonite, de Francis Lee (Grande-Bretagne). Par le réalisateur du remarqué Seule la terre, avec Kate Winslet incarnant une paléontologue, et Saoirse Ronan.

Un médecin de nuit, d’Elie Wajeman (France). Par le réalisateur d’Aliyah et des Anarchistes, une plongée semblable à « une sorte de Bad Lieutenant autour du milieu hospitalier » (Thierry Frémaux), avec Sara Giraudeau et Vincent Macaigne.

Enfant terrible, d’Oskar Roehler (Allemagne). Film consacré à Rainer Werner Fassbinder.

Nadia, Butterfly, de Pascal Plante (Canada). Avec au centre de son scénario, une championne de natation.

3) Les premiers films

Falling, de Viggo Mortensen (Etats-Unis ; sortie en octobre 2020). Premier film signé, et interprété, par le célèbre acteur, extrêmement personnel, et montré en clôture de Sundance, déjà. Où la star s’oppose à Lance Henriksen. 

Pleasure, de Ninja Thyberg (Suède). Histoire d’une jeune femme décidée à être célèbre, et lançant sa carrière dans le porno.

Slalom, de Charlène Favier (France). Film avec Jérémie Renier centré sur l’emprise exercé par un entraîneur sportif sur une jeune fille, jouée par Noée Abita (la révélation d’Ava).

Memory House de Joao Paulo Miranda Maria (Brésil). Un film signé à une heure où « le cinéma brésilien ne va pas bien » (Thierry Frémaux).

Fausse note de Jimmy Keyrouz (Liban). « Le piano face à Daesh » (Thierry Frémaux).

Ibrahim de Samir Guesmi (France). Premier film réalisé par l’immense acteur français.

La Mort du cinéma et de mon père aussi de Dani Rosenberg (Israël). Premier film israélien.

Au commencement de Déa Kulumbegashvili (Géorgie). Premier film géorgien.

Gagarine de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh (France). Avec au centre du scénario, feu la Cité Gagarine, à Ivry-sur-Seine.

16 printemps, de Suzanne Lindon (France ; sortie le 9 décembre). Premier film réalisé par la fille de Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain, avec notamment Frédéric Pierrot.

Vaurien, de Peter Dourountzis (France). Avec Pierre Deladonchamps, et à la réalisation, un homme ayant travaillé dix ans au SAMU social.

Garçon chiffon de Nicolas Maury (France ; sortie le 2 décembre). Premier film réalisé par l’immense acteur français Nicolas Maury (devenu célèbre en partie grâce à la série Dix pour cent), et joué par lui.

Si le vent tombe, de Nora Martirosyan (Arménie). « Le Désert des Tartares de Buzzati, version aéroport » (Thierry Frémaux), avec Grégoire Colin. En co-présentation avec l’ACID.

Courir au gré du vent de Wei Shujun (Chine). Récit consacré à la jeunesse chinoise.

John and the hole, de Pascual Sisto (Etats-Unis). Un film au réalisateur venu des arts plastiques, écrit par un scénariste ayant signé certains des films d’Alejandro Gonzalez Inarritu.

4) Les documentaires (en temps normal au centre de la Compétition pour l’Oeil d’or, à Cannes) :

En route pour le milliard de Dieudo Hamadi (République démocratique du Congo). Nouveau film du réalisateur de République démocratique du Congo.

The truffle hunters, de Michael Dweck et Gregory Kershaw (Etats-Unis). Film consacré aux chasseurs de truffes, en Italie.

9 jours à Raqqa, de Xavier de Lauzanne (France). Film féministe où une femme va à la rencontre de la mairesse de Raqqa, première ville libérée en Irak après la guerre, par les kurdes.

5) Les comédies :

Antoinette dans les Cévennes, de Caroline Vignal (France ; sortie en septembre 2020). Avec Laure Calamy, accompagnée d’un âne.

Les Deux Alfred, de Bruno Podalydès (France). Avec Bruno et Denis Podalydès, au coeur d’un scénario consacré au monde du travail contemporain.

Un triomphe, d’Emmanuel Courcol (France ; sortie le 28 octobre). Avec Kad Merad, dans le rôle d’un comédien travaillant dans les prisons, et avec à la production Robert Guédiguian.

Le Discours, de Laurent Tirard (France). Avec Benjamin Lavernhe dans le rôle principal.

L’Origine du monde, de Laurent Lafitte (France ; sortie le 4 novembre). D’après la pièce de Sébastien Thiéry, avec Laurent Lafitte lui-même, Karin Viard, et Vincent Macaigne.

6) Les longs-métrages d’animation :

Earwig and the witch de Gorô Miyazaki (Japon). Nouveau film du studio Ghibli, réalisé par le fils d’Hayao Miyazaki.

Flee, de Jonas Poher Rasmussen (Danemark). Documentaire en forme de dessin animé.

Josep, d’Aurel (France). Long-métrage signé par un auteur de romans graphiques, consacré à la Guerre d’Espagne.

Soul, de Pete Docter (Etats-Unis ; sortie le 25 novembre). Nouveau long-métrage du studio Pixar.

 

Tous ces films sortiront dans les salles de cinéma en arborant le Label Cannes.

© FDC

 

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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