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La Fondation Vuitton met à l’honneur la collection Courtauld

La Fondation Vuitton met à l’honneur la collection Courtauld

03 mars 2019 | PAR Lou Baudillon

La Fondation Louis Vuitton inaugurait sa seconde exposition de l’année il y a une semaine. Après la consécration des oeuvres de Egon Schiele et de Jean-Michel Basquiat, ce sont celles que le célèbre collectionneur Samuel Courtauld a acquises qui sont à l’honneur, essentiellement impressionnistes mais pas seulement. 

L’histoire d’une collection 

Les oeuvres réunies par Samuel Courtauld, promoteur à la tête d’une industrie textile et l’un des plus important mécène du XXème siècle, et sa femme, n’avaient pas été montrées en France depuis une exposition consacrée au Musée d’Orsay en 1955. Près de 70 années plus tard, la Fondation Vuitton expose la collection, celle-ci contenant des oeuvres emblématiques de tout un pan de l’histoire de l’art de la fin du XIXème et du début XXème. Parmi lesquelles, un des deux Autoportrait à l’oreille bandée de Van Gogh, les Joueurs de carte de Cézanne et surtout Un bar aux Folies Bergères de Manet. Passionné d’art, Courtauld a constitué une collection de près d’une trentaine de pièces, essentiellement venues de France, qu’il a ensuite institué en Angleterre en établissant sa Courtauld Fund. En 1932, c’est au tour de l’Institut Courtauld d’être créée pour l’enseignement de l’histoire de l’art et à la conservation des œuvres. L’ensemble de la collection sera légué en grande partie à l’Institut après sa mort en 1947. Pour finir, l’Institut et la Galerie Courtauld s’installent en 1989 à Somerset House, à Londres. 

 

Un regard sur tout un pan de l’histoire de l’art moderne

L’exposition, d’ailleurs sous titrée Le parti de l’Impressionnisme, témoigne salle après salle, de l’émulation création depuis le Réalisme incarné par Manet jusqu’à la radicalité des formes des Modernistes. Le regard se pose finalement sur toute la quête de la l’art qui se fait à cheval sur les deux siècles. Ce tournant dans l’art est ici à appréhender de manière plutôt linéaire, sans vraiment de prise de risque disons le, avec des espaces où les oeuvres sont volontairement thématisées. Des débuts du Réalisme aux tableaux Impressionnistes, des Post-Impressionnistes aux Fauves, tout est sagement rangé dans la bonne case historique, avec parfois des espaces consacrés seulement à un artiste. Pour exemple, l’impressionnante suite d’oeuvres de Cézanne qui se décline sur toute une salle. Quelques pièces sculptées se retrouvent aussi, attribuées à Degas, Rodin ou encore Gaugin. L’intérêt pour le dessin n’ai pas en reste, une salle entière de l’exposition contenant des esquisses, entre autres, de Matisse et de Picasso. Mais aussi, plus interessant encore, quelque dizaine de lettres manuscrites témoignant d’échanges entre peintres impressionnistes dont certaines sont porteuses de mots qui ont changés à jamais les conceptions artistiques d’une génération. 

La privatisation des collections 

Une telle collection est unique dans son ampleur. Elle témoigne aussi d’un tournant de l’histoire de l’art où les collections passent d’une obtention publique, par les institutions ou les salons, au marché privé généré par de riches collectionneurs. Le rôle du mécénat a ainsi prit une place centrale dans les mouvements avant-gardistes dont les productions étaient souvent mal considérées voir rejetées des salons traditionnels. À l’exposition de la collection Samuel Courtauld sont ajoutées une dizaine d’intéressantes aquarelles de William Turner obtenues par son frère, de quoi finir sur une touche plus british la visite. La Fondation Vuitton invite après celle-ci à continuer l’exploration de l’art moderne et contemporain en présentant sa propre collection. Avec des pièces de Buren, Soulage ou Kusama, un joli pont se bâti entre les débuts de la remise en question des formes par les Impressionnistes présentés avant, et l’évolution moderne qui en a découlé pour aboutir à l’expression abstraite voir au conceptuel contemporain. Une façon aussi, peut-être, de montrer que le rôle des collectionneurs privés dans l’art, et de leurs fondations, ne faiblit pas ?  

 

 

Visuels : ©Fondation Louis Vuitton

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Lou Baudillon

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