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Daniel Cohn Bendit prend sa retraite, retour sur le parcours d’un iconoclaste passionné

Daniel Cohn Bendit prend sa retraite, retour sur le parcours d’un iconoclaste passionné

09 avril 2013 | PAR JD

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À 68 ans, Daniel Cohn Bendit, la frisette blonde et le regard espiègle, mettra bientôt un terme à sa carrière politique en ne se représentant pas au poste de député européen qu’il occupera encore jusqu’à juin 2014. Après 45 ans d’irrévérence et de coups de gueule ou d’éclats, retour sur le parcours du visage de mai 68

Mai 68, ses pavés, sa plage, son visage dont les yeux gentiment insolents sont ceux d’un jeune franco-allemand, né apatride et qui fit trembler la République gaulliste. Le regard provocateur et la formule efficace, réveillant une jeunesse ramollie par la démocratisation de l’automobile, des réfrigérateurs et du poste de télévision, le jeune étudiant en sociologie de Nanterre va alors devenir la figure emblématique du mouvement de contestation de 1968. Et alors qu’il apprend lors d’un voyage à Berlin qu’il est interdit de séjour en France, il revient « en scred » et camouflé sous une perruque et des lunettes, le 28 mai à Paris pour déclarer lors d’un meeting à la Sorbonne qui lui réserve un accueil triomphal « Nous sommes tous des juifs allemands ! ». La presse s’empare alors du phénomène « Dany le rouge », sa naissance médiatique.

Cohn Bendit

Du rouge au vert, du communisme libertaire au libéralisme écolo, Daniel Cohn Bendit démarre alors en 1984 une carrière politique en Allemagne et dirigera les listes écologistes allemandes puis françaises aux élections européennes, alternant les campagnes de chaque côté du Rhin depuis 1994. Il naviguera alors entre direction du groupe écologiste européen et coups d’éclats sincères à la tribune du Parlement, qu’il s’agisse de dénoncer la présence française en Chine au moment des JO de Pékin, d’interpeller le chef d’Etat hongrois Victor Orban contre sa dérive autoritaire ou encore de militer pour la création d’un Etat palestinien. Favorables à une Europe fédérale, ses déclarations passionnées contribuèrent à donner dans les années 2000 un peu de vie au débat européen.

Dany Parlement

Jamais avare en petites phrases ou déclarations provocatrices souvent bien senties, Daniel Cohn Bendit constata sa solide popularité en France lors des élections européennes de 2009 pour lesquels il recueillera près de 14% des suffrages à la tête d’Europe Ecologie-Les Verts. Quittant le parti en décembre 2012, il annonçait en février dernier qu’il ne se représentera pas pour un nouveau mandat de député européen lors des prochaines élections de 2014. S’il ne fut jamais ministre, déclarant que le poste de l’intéressait guère, il s’efforça de porter une parole d’européen convaincu contre les nationalismes tout en affichant un style provocateur et léger dénotant sérieusement avec l’esprit de sérieux habituel de la classe politique. À 68 ans, il mettra ainsi un terme officiel à plus de 45 ans d’engagement politique au service de la révolte étudiante d’abord, de l’idée européenne ensuite.

Dany, c’est un peu l’oncle qu’on aurait aimé avoir, celui avec qui le débat d’idées est rarement chiant, à la table d’un déjeuner dominical, taillant le bout de gras sur l’Europe, le rock ou le football.

Photos (c) : captures d’écrans

 

 

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JD

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