Le festival breton Art Rock, explosion de couleurs et de sonorités internationales pour cette édition!

17 mai 2016 Par Enora Le Goff | 0 commentaires

La saison des festivals débute, Saint-Brieuc fait peau neuve le temps d’un week-end, le temps de la 33ème édition de Art Rock. Chapiteaux, scènes et terrasses fleurissent au gré des ruelles de la ville bretonne, avec, en prime, de nombreuses expositions tournées vers le street art, comme celle de l’artiste Shepard Fairey, célèbre pour son portrait de Barack Obama, réalisé à l’occasion de sa campagne en 2008. 

Vendredi 13 mai – Une année après « Yeah La Mode », TouteLaCulture revient, pour trois jours de festivité dont le thème « United Paintings » promet des notes colorées et toujours plus cosmopolites.

 18:30 – Et qui de mieux que la chanteuse Jain pour donner le ton et enflammer la place Poulain Corbion, sous le soleil et seule sur scène, mêlant reggae, electro et afro-beat. Une musique rythmée, inspirée de ses voyages entre Europe, Afrique et Moyen-Orient. qui contraste avec sa robe au col claudine très scolaire et un hommage émouvant aux victimes des attentats de Paris. Carton plein pour Jain, du jamais vu pour un soir d’ouverture. « J’ai vu que vous saviez danser, maintenant je ne vais pas vous lâcher ». Une jolie carrière semble se profiler pour cette jeune toulousaine.

19:15 – A peine le concert fini que la scène B, connue pour sa programmation electro, se voit envahie de festivaliers enjoués. Le duo Colorado, originaire de Saint-Brieuc joue donc à domicile. L’idéal pour présenter leur premier EP, « Wind and Movement », sorti en janvier dernier, inspiré d’artistes tels que Sébastien Tellier ou Metronomy. Un spleen froid mais loin d’ôter la chaleur créée en ce premier soir. Des débuts prometteurs pour ces deux jeunes à peine majeurs.

19:45 – Pendant ce temps, sur la grande scène, le rock est à l’honneur avec Balthazar, quintet belge dont le dernier album conte le quotidien confus de la vie de tournée. Un rock féroce, un groupe surexcité, un souffle de légèreté apporté par la violoniste Patricia Vanneste, de jolies touches dorées décorant la scène en feront un concert agréable. Le peu d’interaction avec un public pourtant bien présent semble la seule ombre au tableau.

20:45 – Sur la scène B, un style très différent mais tout autant d’ambiance. Chill Bump présente ses textes écrits par Miscellaneous sur les morceaux du DJ Bankal. Rappelant le rap californien, le duo enflamme le jeune public amassé et survolté, visiblement grand amateur de hip hop. Après avoir fait les premières de C2C, ils semblent définitivement prêts à faire les têtes d’affiche. Une superbe découverte que nous devons malheureusement laisser, afin de rejoindre la grande scène.

21:15 – « Time to dance ». Voilà le mot d’ordre de The Shoes, finalement présents sur la grande scène, malgré des problèmes de transport. Un superbe mélange d’indie, electro et pop, associé à un fond d’images et de gif cultes et hilarants, les rémois ont rempli leur contrat, tout en sueur : la place n’a eu de cesse d’onduler et ça nous a fait un bien fou !

22:30 – Art Rock peut se vanter de sa programmation electro. Thylacine ne déroge pas à la règle et envoûte le public de la scène B. Des sonorités vaporeuses, enregistrées lors d’un voyage transsibérien, fil conducteur du dernier album de William Rezé, dont les machines sont penchées vers le public. Une façon de nous inviter à entrer dans son monde, entre sax alto et platines. Une jolie performance, malheureusement écourtée afin de rejoindre la grande scène, vers laquelle migre un public de tout âge, pour assister au show des revenants de Louise Attaque.

22:45 – Après une pause de dix ans, malgré un premier disque vendu à 3 millions d’exemplaires, leur public est toujours là, impatient d’entendre leurs éternels succès et leurs nouveaux titres. C’est le groupe que tout le monde attendait ce soir. Rien de mieux que « J’t'emmène au vent » pour commencer et déchaîner la foule, chantant à tue-tête. Grâce à leur bon folk-rock, la voix inimitable de Gaëtan Roussel, une pointe d’electro-pop, une chanson avec The Shoes, et malgré la chute du bassiste dans la fosse, le charme opère. C’est certain, Louise Attaque est de retour et ça, c’est une bonne nouvelle.

00:30 – Il est minuit et demi et Birdy Nam Nam promet de finir en beauté cette soirée briochine. Depuis 15 ans, ils nous font danser grâce à leur electro entêtante et leurs grands coups de scratchs. Un dernier concert dont on attendait beaucoup et qui, finalement, nous a quelque peu déçus, des basses trop prononcées, trop peu de musicalité et un décor trop imposant cachant les artistes, donnant l’impression d’une simple soirée en discothèque. Dommage pour un groupe pourtant mythique. Cette première soirée briochine se termine. De jolies découvertes, des succès confirmés, Art Rock nous a déjà conquis.

Samedi 14 mai – Cette deuxième soirée s’annonce des plus mouvementées, de grands noms de la soul, de l’electro et du hip hop sont à l’affiche, pour notre plus grand bonheur.

18:30 – Sur la grande scène, c’est Odezenne qui commence ce soir. Depuis leur succès en 2015 et devant un public (très) jeune, Alix, Jacques et Mattia enchaînent les morceaux, remplis de paroles abruptes et entêtantes, s’amusant de leur heure de programmation et hurlant leur fameux « Je veux te baiser ». Un concert animé, à l’image de son public, mais qui nous laisse quelque peu indifférents.

19:30 – Indifférence qui va vite nous quitter face à Fishbach. Malgré ses 24 ans, celle-ci a déjà derrière elle une impressionnante carrière, du métal à l’electro pop, en passant par le new wave, ce qui nourrit joliment l’univers parallèle dans lequel elle semble graviter. Une gestuelle qui envoûte, une voix grave et sensuelle, des sonorités rappelant les années 80, Fishbach nous transporte à elle seule dans une autre dimension, de laquelle il nous est difficile de partir.

20:00 – Cinq choristes commencent leurs vocalises sur la grande scène, quand Faada Freddy fait son entrée sous un tonnerre d’applaudissements. Pas de doute, le public de Art Rock attend de pied ferme ce groupe vocal. Chapeau noir, trois pièces impeccable, cravate en satin rouge, ce dandy sénégalais nous enchante avec son groove et son beat box, où le corps humain est l’unique instrument, entre battements de chœur et claquements de doigts. Une bouffée d’air frais, de gospel, de « kifologie » active et d’amour, notamment à la Bretagne, que le chanteur clâme haut et fort. Avec une imitation de trompette des plus fascinantes et une reprise de « No woman no cry » dans une euphorie générale, Faada Freddy nous laisse heureux et emplis d’espoir.

21:00 – Une sensation que Husbands va entretenir grâce à son electro-pop enivrante. Ces trois musiciens font partie des groupes marseillais Nasser, Oh ! Tiger Moutain et Kid Francescoli et il leur a fallu peu de temps pour conquérir le public, et ce notamment grâce à l’excentrique chanteur (et danseur) aux airs de Mick Jagger. Encore une jolie découverte que nous devons quitter précipitamment.

21:30 – En effet, le duo monstre Caribbean Dandee, composé de Nathy et JoeyStarr, commence le show depuis les coulisses de la grande scène. De gauche à droite, de haut en bas, à coup de rhum et de déhanchés, mêlant reggae, soul et hip hop, JoeyStarr et son disciple déplacent la foule enflammée à leur guise. Le jaguar est définitivement une bête de scène, nourrissant le concert de ses célèbres cris et d’incessantes interactions avec le public, toutes générations confondues présentes. Un « carnaval » antillais un samedi soir en Bretagne. Un grand et beau moment de rap aux sonorités caribéennes.

22:45 – Pour éviter la scission après ce sacré concert, rien de tel qu’une scène B sous le signe du hip hop, avec le phénomène belge Woodie Smalls, dont le premier album est sorti en 2015. Un jeune rappeur au flow impressionnant qui n’est pas sans rappeler Stromae et qui a sans, aucun doute, un nom déjà bien inscrit dans le monde du rap.

23:00 – Sur la place Poulain Corbion, on entend résonner « Suzy » et le public swingue déjà à l’écoute de Caravan Palace et de son jazz manouche des plus pétillants. Depuis 2008, l’electro française peut se vanter de ce groupe qui ne cesse de mélanger les genres et de revisiter ses classiques au son des violon, contrebasse et autre saxophone. La chanteuse et ses six camarades nous ont transporté, grâce à leur énergie folle et leurs nombreuses danses endiablées. De jolis souvenirs et un agréable moment.

00:45 – Il est quasiment une heure du matin quand vient le tour de Rone, prodige de l’electro commence. Ce petit jeune à lunettes, qui pourtant ne paye pas de mine derrière ses énormes platines, nous offre un concert d’une qualité et d’une délicatesse rares. Un batteur l’accompagnant pour davantage d’intensité, de superbes jeux de lumières et un visuel qui donnent vie aux « Créatures » de son troisième opus, l’artiste nous laisse rêveurs, les yeux souvent fermés, dans un univers très intime et vaporeux. Parfait pour finir en beauté ces deux jours de festival, à la programmation éclectique et audacieuse, qui a vraisemblablement séduit le public.

ArtRock s’est donc terminé sur une jolie note pour TouteLaCulture, la fête ayant continué ce dimanche 14 avec notamment Jeanne Added (Révélation des Trans Musicales en 2014), Feu ! Chatterton ou encore le groupe irlandais Two Door Cinema Club, sans oublier les nombreuses manifestations à la passerelle et au forum ainsi que les « Musiciens du métro », présents tous les jours au village de Art Rock.

Nolwenn Le Goff

Visuels (c) Nolwenn Le Goff


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