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[Interview] Caravan Palace : « explorer le passé d’un point de vue présent, pour les oreilles de demain »

[Interview] Caravan Palace : « explorer le passé d’un point de vue présent, pour les oreilles de demain »

30 septembre 2015 | PAR Bastien Stisi

<|°_°|>. Cet émoticône est le nom du 3e album de Caravan Palace. Pas pire pour le référencement que les New Yorkais de !!! (finalement obligés d’ajouter la rallonge « Chk Chk Chk » à leur nom pour ne pas trop couler leur maison de disques). Cet emoticone, c’est aussi un hommage à la mascotte robotique de la troupe (car Caravan Palace fait autant penser à une troupe de saltimbanques rétro-futuristes qu’à un groupe de musique plus classique) qui les suit depuis le début de leur carrière (on se souvient du succès fulgurant de leur premier album éponyme en 2008), et qui les suit donc jusqu’à ce 3e album toujours entouré par le terme un peu fourre-tout d’ « électro swing ». À quelques jours de sa sortie (le 16 octobre), et en marge d’une tournée européenne déjà entamée (et qui trouvera son apogée via la tournée Esprit Musique aux côtés de Pony Pony Run Run, d’Inna Modja et d’Hyphen Hyphen), entretien. 

On dit souvent que le 2e album, dans une carrière, est le plus dur à envisager. Qu’en est-il du 3e, puisque paraîtra bientôt votre 3e album ?

C. P. : En soi, faire un 3e album est une reconnaissance : le groupe existe toujours, et il a toujours des choses à dire !!! La pression est donc moindre et l’on peut envisager beaucoup plus sereinement la composition. D’autant plus quand le 2e n’a pas eu trop de succès !

<|°_°|> : Comment vous est venu l’idée de nommer votre nouvel album via cet émoticône robotique inédit ?

C. P. : Apparu par hasard dans une chaîne de courriels entre nous et notre manager, cet émoticône nous a tout de suite parlé! La difficulté d’appeler notre album ainsi venait surtout du « référencement », de la potentielle difficulté à trouver l’album sur internet, ou de la réticence des journalistes par exemple. Mais notre maison de disques nous a rassuré, tout en trouvant que c’était une bonne idée! Ensuite, nous avons tout axé sur ce robot, notre « mascotte » depuis le début, pour lui donner une nouvelle existence, plus moderne et directement reliée à notre époque virtuelle et connectée.


Qu’est-ce qui vous fascine autant chez les humanoïdes ? Outre ce titre et le clip de « Mighty », on en a toujours beaucoup trouvé chez Caravan Palace…

C. P. : L’humanoïde a toujours été un symbole très présent dans la science-fiction, comme un futur à la fois kitsch et fantasmé. Il représente le futur vu du passé, quand Caravan Palace explore le passé d’un point de vue présent, pour les oreilles de demain. Le lien est finalement évident !

Ce clip est-il à lire en liaison avec celui, bien plus ancien, de « Suzy » ou de « Rock It For Me » ?

C. P. : Certainement, même s’il n a pas été pensé dans cette optique. Après presque 10 années passées sur ce projet, ce robot ne nous a jamais quitté, on se devait bien de lui rendre hommage !

Sur cet album, vous introduisez notamment plus nettement quelques sonorités rap. Considérez-vous toujours votre musique comme de « l’électro swing » ?

C. P. : Il y a ces dernières années une intrusion très marquée des musiques électroniques dans tous les styles de musique, pop, rock, hip hop ou autres. Ce n’était donc qu’une question de temps avant que nous ne nous en emparions! Et le hip hop a été particulièrement prescripteur en ce domaine, avec des artistes comme Kanye West ou A$AP Rocky, entre autres, qui en ont fait une composante essentielle de leur musique.

On sait l’importance de la scénographie live chez Caravan Palace. Y a-t-il quelque chose de précis de prévu pour ce nouvel album ?

C. P. : Plus que jamais, nous avons voulu créer un show « complet » visuellement. Nous avons particulièrement travaillé sur les lumières et les placements sur scène.  Comme nous avons préparé un spectacle assez long, nous l’avons « dynamisé » avec des morceaux très différents, créant de vrais reliefs !


Caravan Palace,  <|°_°|>, Wagram Music, 2015

Visuel : (c) DR

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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