,Cannes 2016, jour 3 : original « Ma Loute », bouleversante Soko, poétique « Neruda » et surprenant « Toni Erdmann »

14 mai 2016 Par admin | 0 commentaires

 

Ce vendredi 13, la journée a commencé dans un demi rayon de soleil calme pour une séance qui nous a projetés de la Méditerranée à la Mer du Nord. C’est en effet à un festin retro de littoral que nous a convié Bruno Dumont avec Ma Loute, film en Compétition qui reprend certains personnages « chtis » de sa série présentée il y a deux ans à la Quinzaine : P’tit Quinquin. Opposant les bourgeois ataviques de Tourcoing aux pêcheurs cannibales de Saint-Michel, le film mêle tous les thèmes chers au cinéaste : la folie, les classes sociales, ou les détectives rétros, et crée une véritable atmosphère. Sans vraiment mener quelque part, cependant… On a douté du jeu de Juliette Binoche, adoré l’hystérie subtile de Valeria Bruni Tedeschi, et le personnage mi-homme mi-femme attribué à la première en guise de fille. Pour lire notre critique de Ma Loute, cliquez.

On vous en parle dans notre matinale préférée, L’Après-Séance, tournée en direct de la Croisette avec le Grand Eicar :

Du côté de la Quinzaine des Réalisateurs, Pablo Larrain faisait son retour avec Neruda, une parenthèse poétique filmée dotée d’intelligence dans sa prise de recul. Loin d’être un biopic, le film est magnifié par un duo d’acteurs irréprochable : Gael Garcia Bernal et Luis Gnecco. Pour lire notre critique de Neruda, cliquez.

A 11:15, la très élégante équipe du film Le Disciple (Uchenik) montait les marches de la salle Debussy. Présente dans la catégorie Un certain regard cette adaptation de la pièce de Kirill Serebrennikov par lui-même a de belles couleurs bleutées et des acteurs plutôt impliqués, mais l’histoire de ce lycéen illuminé par la Bible va trop loin dans le kitsch et la pédagogie. Film à thème, Le Disciple ne parle de foi ou de foie que pour mieux montrer avec une lourdeur vraiment pénible l’échec du système scolaire russe. Malgré de belles images et une certaine folie, on a souffert du caractère caricatural des personnages, notamment de la prof de biologie juive qui a très à cœur de soutenir Darwin, l’éducation sexuelle et le libéralisme.

En début d’après-midi, dans la foulée de la première séance,  une partie de l’équipe est allée interviewer l’un des interprètes de Ma Loute, le comédien Jean-Luc Vincent, à l’hôtel Gray d’Albion. La frange de Toute La Culture plutôt intéressée par la performance théâtrale s’est y collée… Absolument parfait, lorsqu’on sait que Jean-Luc Vincent, étonnant dans le film, appartient au groupe iconoclaste des Chiens de Navarre, adeptes des pièces provocatrices… La rencontre s’annonçait très bien, et elle fut enrichissante.

Jugez-en plutôt :


A 14:00 la file était longue pour aller découvrir Lily Rose Depp et Soko dans La Danseuse de Stéphanie du Giusto. Caution glamour de la section « Un certain regard » ce film sur la vie de Loie Fuller (et sa rencontre avec Isadora Duncan) a beaucoup fait parler de lui avant sa projection. Le résultat est un biopic en deux temps, très attachant où Soko révèle encore plus avant son très grand génie du jeu et de l’émotion. Pour lire notre chronique emballée de La Danseuse, c’est ici.

A 16h30, c’est à la Semaine de la Critique que l’on pouvait découvrir à quoi rêvent les jeunes cambodgiens de 18 ans. Après son documentaire éblouissant sur l’âge d’or du cinéma de son pays, Le sommeil  d’or, Davy Chou est de retour avec Diamond Island, un film qui regarde vers le futur, même quand il neige et à grand renfort de motos et de rêves américains. En présentant le film, le réalisateur a su montrer qu’il était ravi d’être sur la croisette : « c’est un rêve de ouf! ». Interview à venir, avec l’Eicar, ce samedi 14 mai 2016.

A 19h, place à la première grande et heureuse surprise de la compétition avec le réjouissant Toni Erdmann de l’Allemande Maren Ade. Une fille surbookée et son père fantasque se retrouvent tous deux et un peu malgré elle à Bucarest où elle habite. Il tente de lui apprendre à vivre, elle essaie de ne pas l’étrangler, le résultat est un magnifique double-portrait, franchement libre et drôle, et en Allemand s’il vous-plait. Une tranche de vue et de rire comme on en redemande et l’un de nos chouchous de la compétition (Chronique, ici).

De leur côté l’équipe de la Quinzaine entrait de plein pied dans l’univers magnifique et terrible de Joachim Lafosse (à qui l’on doit A perdre la raison et Les chevaliers blancs) avec L‘Economie du Couple.  

Notre chronique, ici.

Pour ce soir, pas de grand acteur porno ou de soirée de film à la villa Schweppes, mais un programme Cannois bien plus classique question sorties avec un grand verre de chablis au chic bar du Martinez et un godet plus corsé à base de gin dans les hauteurs de la magnifique terrasse du Silencio. L’on dansait cette nuit à Cannes et l’on sent que la fièvre monte pour un long week-end haut en couleurs et en belles robes…


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