Mode
Marine Serre : expérience multi-sensorielle, comme à la maison !

Marine Serre : expérience multi-sensorielle, comme à la maison !

05 octobre 2021 | PAR Cloe Assire

Nous sommes le lundi 27 septembre 2021, il est 20h30 et, en ce premier jour de Fashion Week, le monde de la mode parisienne se presse dans les Jardins d’Olympe du Musée Carnavalet, comme une invitation à de nouveaux plaisirs citadins

C’est un havre de paix qui nous accueille une fois la grille de la rue des Francs-Bourgeois franchie, nous projetant bien loin de la capitale : le bitume a laissé place à une végétation luxuriante dont le parfum ne peut que ravir notre odorat, des papillons volettent sous la lumière chaleureuse des arcades tandis que quelques étoiles scintillent dans ce ciel où la pollution nous empêche souvent de discerner quoi que ce soit. Pourtant, cette impression « d’idyllisme » n’est pas le résultat d’un décor trop beau pour être vrai : au contraire c’est sa sincérité qui de suite nous touche, comme un week-end à la campagne, en toute simplicité, un retour aux sources. Une impression de convivialité bien vite renforcée : des bancs en bois nous invitent à échanger autour de plateaux de fruits et légumes bruts et variés, à l’image de bottes de radis, de pommes ou de courges. Nous n’avons pas encore parlé de vêtements que l’on pressent déjà le chemin que Marine Serre s’apprête à nous montrer, et ce tout en poésie.

 

Avant de prendre place pour découvrir le film “Ostal 24” présentant la collection “Fichu pour Fichu”, nous pûmes en découvrir dix silhouettes exposées sur des mannequins disposés le long des jardins : dix silhouettes comme la synthèse d’une collection  qu’il nous tarde de découvrir. Pour patienter, les acheteurs, journalistes et influenceurs étudient les détails de ces quelques silhouettes androgynes : le célèbre motif croissant de lune côtoie du tissu éponge, les Skin Boots des nappes brodées hollandaises et du denim mais aussi…des torchons en lin, bien connus pour les tâches ménagères ! Décidément, notre curiosité est attisée, d’autant que les bijoux chamaniques réalisés à partir de couverts, de verre et de pierres suscitent vite l’émerveillement de l’assemblée. Comment ne pas être charmés par cette soirée où la banalité fut indéniablement sublimée ?

Arrive donc le moment de découvrir ce que nous attendons tous : la projection des treize minutes de film et donc la visualisation de l’entièreté de la collection. Poursuivant son partenariat avec ses collaborateurs de confiance Sacha Barbin et Ryan Doubiago, qui a débuté avec Amor Fati (SS21), ce court métrage nous transporte dans un monde dont on ne saurait s’il est passé, présent ou futur : en somme, c’est dans sa vision du monde que Marine Serre nous donne bien plus qu’à voir, mais bel et bien à vivre. Car ce sont bien des émotions et des sensations qui nous ont envahis au cours de cette projection, l’envie de traverser l’écran et de rejoindre ce monde où chacun semble à sa place, tant individuellement que collectivement, le tout avec une sérénité que nous ne pouvons qu’envier. Pari réussi pour l’ancienne étudiante de La Cambre qui déclarait : « Le plus important pour moi est ce que les gens ressentent en voyant Ostal24 plutôt que ce qu’ils pensent. Je veux que les gens ressentent la beauté et la simplicité d’être ensemble et de trouver de la joie à cuisiner, manger, danser, faire du yoga. La mode ne se résume pas à draper des tissus et à faire des profits, elle peut être un lieu où nous sommes libres de prendre des mesures significatives. »

En effet, alors que notre environnement est en perpétuel changement, nous avons la possibilité de trouver de nouvelles façons de vivre ensemble en tant que communauté mondiale, de trouver un nouveau dialogue avec nous-mêmes, les autres et la planète qui nous héberge. Avec « Fichu pour Fichu », Marine Serre explore très justement ces possibilités en imaginant ce à quoi le futur pourrait ressembler si nous changions nos habitudes et réfléchissions plus profondément à la nourriture que nous mangeons, à la façon dont nous nous déplaçons et aux vêtements que nous portons. Bien que nous puissions nous réjouir d’une vie avec moins de restrictions, il est facile de se laisser aller à de vieilles habitudes, de délaisser ce que nous sommes, les gens que nous aimons et d’oublier de protéger notre planète. La voie que montre Marine Serre est chargée d’optimisme, rappelant que sa mode est intrinsèquement liée aux moments de vie et au bien-être de ceux qui la portent. Indéniablement l’un des messages les plus forts, tant sensoriellement qu’en terme de prise de conscience, que le monde de la mode ait pu vivre. 

Crédits : images fournies par PR Consulting

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Cloe Assire

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