Mode
Les grandes maisons parisiennes, The place to be de la PFW ?

Les grandes maisons parisiennes, The place to be de la PFW ?

11 octobre 2021 | PAR Camille Bois Martin

Rendez-vous incontournables de cette Fashion Week de Paris, les défilés Saint Laurent, Valentino et Chanel perpétuent les traditions des grandes Maisons. Sous la Tour Eiffel, au Grand Palais éphémère, ou dans le Carreau du Temple… L’Étiquette et l’héritage contraignent-ils la nouveauté ?

L’intemporelle femme Saint Laurent 

Silhouette élancée, coupes cigarettes et épaules structurées, main dans la poche et allure nonchalante : les codes de la femme Saint Laurent sont maîtrisés par Anthony Vaccarello. Les looks de cette saison printemps-été 2022 ne dérogent certainement pas au grand héritage de la maison, mais ne détonnent pas non plus au milieu de tous les autres défilés de la saison. Dans un lieu exceptionnel (et habituel), devant la Tour Eiffel, le défilé rend hommage à Paloma Picasso, une des muses de la carrière d’Yves Saint Laurent. Des gants bleu électrique par-ci, des gants rouge flashy par-là rappellent ses accessoires toujours très colorés. La pochette est rangée dans le pantalon, près de la braguette, comme Paloma avait rangé son programme de l’Opéra, il y a trente ans. En somme, toutes les tenues proposées par Vaccarello auraient été presque cohérentes il y a tente ans : le créateur maîtrise et perpétue l’identité de la Maison à la perfection… Mais à raison? 

Back to the glorious 90’s à Chanel 

Pour le dernier matin de la Paris Fashion Week, le défilé Chanel s’est organisé au sein du Grand Palais éphémère (au lieu du Grand Palais habituel, actuellement en rénovation). Le podium est surélevé et cerné de photographes euphoriques, placés devant les invités qui les avaient pourtant devancés ces dix dernières années. Virginie Viard semble ainsi renouer avec l’organisation des défilés dans les années 1990 et 2000 ; mais ce n’est pas le seul aspect qui s’en approche. En effet, la collection toute entière rejoint la tendance du Back to the 90’s : la créatrice ré-interprète (voire reproduit) les pièces iconiques imaginées par Karl Lagerfeld à la fin du siècle dernier. Des ceintures à chaines avec un pendentif Chanel, un ensemble bandeau-short en tweed, le célèbre maillot de bain une pièce noir aux bordures blanches est coupé en deux… Bref, toutes les pièces vintage qui se vendent à prix d’or reviennent en force dans les dernières collections Chanel, au grand bonheur de ses acheteuses.  

Archives et changement de perspective pour Valentino

Un café sans sucre s’il vous plait, et ajoutez une paire de mes bottes Valentino préférées ! Si la pluie a empêché la tenue du défilé Valentino en extérieur, ce dernier s’est quand même déroulé au sein du Carreau du Temple, où le directeur créatif Pierpaolo Piccioli a fait rapatrier des tables de café pour ses invités. Pour cette collection printemps-été 2022, le créateur voulait s’éloigner des ateliers haute-couture et renouer avec la rue, car c’est là que la mode « devient vivante et vraie, au contact des imperfections de l’existence, jour après jour, en lien avec l’identité toujours unique et toujours différente de celui ou celle qui la porte » (communiqué de presse de la Maison). Pour autant, si l’idée est innovante, les silhouettes restent, elles, dans la continuité de l’identité de Valentino : de longues robes aux étoffes légères, des tailorings parfaits, des ensembles colorés. On retrouve également des pièces d’archives, rééditées spécialement pour la collection (comme chez Chanel finalement) : on pense par exemple au sac à main-bracelet en plumes d’autruches, qui faisait déjà partie des défilés de la maison en 2000, imaginé par son fondateur, Valentino Garavani. Mais on peut reconnaitre à Pierpaolo Piccioli sa valeur ajoutée, grâce au twist qu’il a apporté, transformant les matières iconiques de la marque — le taffeta haute-couture est notamment mis à mal, déchiré, délavé.

Visuel : © Visuel de la PFW, Fédération de la Haute Couture et de la Mode

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Camille Bois Martin
Étudiante en Master de Journalisme Culturel (Sorbonne Nouvelle)

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