Mode
Le retour de la femme fatale des 70’s avec Ingie Paris

Le retour de la femme fatale des 70’s avec Ingie Paris

12 mars 2020 | PAR Cloe Assire

Le mercredi 26 février à 13h30, les bancs du Palais de Tokyo sont pleins à craquer pour la présentation de la collection automne-hiver 2020/2021 de la marque Ingie Paris qui a défilé pour la première fois en 2014 dans la capitale française. Pour cette saison, la créatrice fait le choix de nous transporter dans les années 1970, faisant défiler sous nos yeux une série de vêtements rendant les femmes on ne peut plus fatales…

Au Moyen-Orient, on la surnomme la première dame du luxe. Véritable célébrité, reconnue comme une experte dans son domaine, elle a notamment participé au lancement de la Dubaï Fashion Week. On la connaît également pour avoir ouvert la première boutique Chanel au Koweït en 1983, année de la prise de fonction de Karl Lagerfeld au poste de directeur artistique de la maison française. Vous n’avez pas encore deviné de qui il s’agit ? Pas de panique, on vous donne un dernier indice… C’est en 2018 que cette créatrice d’origine libanaise, à la tête du groupe Étoile, se voit décorée de la Légion d’honneur. En bref, un palmarès exceptionnel pour une femme comptant parmi les plus influentes de l’industrie de la mode : Ingie Chalhoub.

Désirant promouvoir le Made In France, elle fonde Ingie Paris en 2009 entre l’hexagone et le Moyen-Orient, y ayant une clientèle fortement implantée. En mai 2017, au sujet de sa dernière collection du moment, elle déclarait vouloir mélanger les inspirations de ses deux villes, entre le côté chic parisien de Loulou de la Falaise dans les années 1970 et le glamour du Moyen-Orient. Son but ? Réunir Orient et Occident en vue de montrer qu’il ne s’agit que d’un seul monde. Quoi de mieux qu’une marque de luxe alliant matière, qualité, sensualité et compétitivité pour y parvenir ?

Une chose est sûre : impossible de ne pas penser aux muses d’Yves Saint-Laurent face à la collection présentée pour cette saison, d’autant qu’une exposition est actuellement dédiée à Betty Catroux au sein du musée du créateur emblématique né à Alger. L’allure de la femme ne fait aucun doute pour l’ensemble des silhouettes : il s’agit indéniablement de la Parisienne, fascinant les couturiers cette saison comme on a pu le voir avec la collection « Paris la nuit » de Victoria/Tomas. Alors que le duo de créateurs tire leur inspiration dans les innombrables lumières de la capitale, Ingie Chalhoub fait le choix de retranscrire les grandes tendances des années 70, décennie de toutes les audaces marquée par la libération de la femme. A l’époque, la mode se caractérisait en effet par son impertinence en s’imprégnant de différents courants culturels et contestataires. Pas de révolution conceptuelle donc pour cette saison mais une collection empreinte de modernité pour une femme non-conventionnelle et active, de jour comme de nuit.

Si les robes ne sont pas courtes alors elles sont fendues jusqu’au niveau du pubis. Si un chemisier ne laisse pas deviner la naissance d’une poitrine, alors autant qu’il soit transparent. Vous avez dit sexy ? Andy, dis moi oui chantonnent les Rita Mitsouko autour de nous, suivies de près par Gainsbourg. Les femmes sur le podium n’ont pas peur de leur libido – bien au contraire – et s’assument. Elles sont lumineuses, miroitantes et conquérantes, attirant ainsi tous les regards sous les feux des projecteurs pour lesquels ces vêtements sont conçus. La gamme colorée est finement choisie en mêlant le très graphique noir et blanc à un rouge grenat, ponctué par un camaïeu de doré et d’argenté. Les tailles sont marquées, les jambes rallongées, les yeux dissimulés derrière de grosses lunettes noires tandis que les cheveux tombent librement sur les épaules.

En puisant son inspiration dans une période marquée par l’anticonformisme, le résultat ne pouvait que révéler une garde robe-contemporaine et assumée, destinée à une working woman en quête de glamour mais aussi d’élégance. La femme sous les traits d’Ingie Chalhoub devient fatale, incarnant une liberté sans tabou, en mixant des influences à la fois bohème, rock et disco. Elle est prête à affronter le monde, sublimée par des tissus chatoyants, irisés, pailletés. Le glitter en veux-tu en voilà sans jamais tomber dans le kitsch tant les coupes sont seyantes et les textiles d’une grande qualité. Les mannequins sont cuirassées de noir luisant, empaquetées dans des fourrures blanches saisissantes, illuminées par des pièces dont l’on ne sait plus bien s’il s’agit de vêtements ou de bijoux. On pourrait reprocher un manque d’innovation et de nouvelles propositions au sein de cette collection. Mais l’ensemble est tellement juste, par le choix des couleurs et matières, par les coupes, par l’allure proposée que cela devient rapidement impensable. Car en s’inspirant de femmes mythiques, Ingie Chalhoub encourage les femmes à continuer de se battre pour leurs droits, prouvant ainsi que la femme fatale n’est pas qu’une image poussiéreuse mais est bel et bien toujours d’actualité.

Visuels : ©Ingie Paris

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Cloe Assire

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