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« Annabelle » déprogrammé de plusieurs salles : la poupée qui fait non

« Annabelle » déprogrammé de plusieurs salles : la poupée qui fait non

15 octobre 2014 | PAR Megane Mahieu

Le film d’horreur Annabelle a provoqué des bagarres dans certaines salles de cinéma, si bien qu’il a du  être déprogrammé. 

C’est à Strasbourg, Montpellier, Marseille, Lyon et Toulouse que le film de John R. Leonetti s’est vu retirer de l’affiche. Parmi les fauteurs de troubles, on compte principalement des adolescents, 12-14 ans, qui s’agitent, crient et dérangent faisant s’allumer là le brasier de la colère parmi les spectateurs. Frédéric Perrin, directeur du Prado à Marseille touché par le cas, parle au Monde de « petite délinquance » poussant la police à intervenir.

Victime de son succès marketing, visant principalement les ados Annabelle  n’est malheureusement pas le premier cas de ce genre. On se souvient que Sinister et la saga Paranormal Activity  (dont les teasers jouaient même sur la réceptivité du public) avaient conduit à des agissements semblables. Ce ne serait pas extrapoler que de parler d’un véritable phénomène social.

Pulsions d’adolescents qui tentent bêtement de dissimuler leur peur face aux films? Le cas « Annabelle » n’est pas si anecdotique et met en lumière l’obscure question de l’influence des films sur les spectateurs. De la rubrique cinéma à fait divers il peut n’y avoir qu’un pas : on a souvent parlé des influences néfastes que peuvent avoir le cinéma, en particulier le cinéma de genre. De violents agresseurs ont pu prendre modèles certains films pour donner matière à leurs agissements, cela n’est pas nouveau. Dans les années 70, des délinquants britanniques avaient pour référence Orange Mécanique de Stanley Kubrick. Plus récemment, en novembre 2001, Thierry Jaradin, un jeune belge habitant à Gerpinnes a revêtu le costume du tueur de Scream pour assassiner une jeune fille de 15 ans dont il était amoureux. Cette liste macabre s’allonge encore…

La déprogrammation est-elle la réponse adéquate à la question ? Aurait -il fallu interdire Annabelle aux moins de 16 et non pas 12? Si l’on comprend aisément le ras-le-bol des programmateurs, ne serait-ce pas là donner raison à une minorité de fauteurs de troubles, privant les autres spectateurs d’un simple divertissement? Annabelle n’est pas en reste et est malgré tout en bonne position du box-office avec plus de 438 590 entrées en France.

Visuels : ©capture d’écran / ©Warner Bros

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Megane Mahieu

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