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Gérardmer 2021 : « Host », digne successeur du « Projet Blair Witch » et de « Paranormal Activity »

Gérardmer 2021 : « Host », digne successeur du « Projet Blair Witch » et de « Paranormal Activity »

30 janvier 2021 | PAR Alexis Duval

Tourné pendant le premier confinement au Royaume-Uni, le deuxième long-métrage de Rob Savage étonne par sa simplicité et son efficacité.

Confinés, six amis – cinq filles et un garçon – se donnent rendez-vous sur l’application Zoom pour une séance de spiritisme. L’idée de départ de Host a beau tenir en une ligne, la simplicité se révèle ici un gage de réussite. En 1999, Le Projet Blair Witch popularisait le « found footage » (enregistrement d’une vidéo qu’une tierce personne retrouve) et en faisait le support de l’horreur. En 2009, Paranormal Activity se servait des caméras de surveillance comme médium du surnaturel. Place à Host, deuxième long-métrage de Rob Savage. Une production britannique présentée en compétition à la 20e édition du festival de Gérardmer et dont l’efficacité n’a pas à rougir face à ses aînés.

L’écran, un espace qui démultiplie l’attention

Les ficelles sont connues : placards qui s’ouvrent brusquement, électricité qui soudain se coupe, porte qui grince… Mais c’est dans le concept du film en visioconférence que se joue toute l’inventivité de Host. L’écran du spectateur devient un espace qui démultiplie l’attention par la présence des participants à la conversation. Autant de fenêtres, de réalités et d’événements potentiels. Le film a également le mérite d’avoir été tourné pendant le premier confinement, soit environ neuf mois avant sa finalisation. Le Covid-19 y tient d’ailleurs une place fantomatique, lui qui a traumatisé le monde… et en particulier au Royaume-Uni, où l’on déplore depuis fin janvier plus de 100 000 morts.

Dès les premières minutes, le ton est posé. Avec les étranges bruits dans le cagibi et contre les carreaux de fenêtre, les nerfs du spectateur vont être mis à rude épreuve. Une heure d’impressionnant crescendo qui ne lâche rien suffit à faire exploser la tension. Un scénario cousu de fil blanc ? Qu’importe. Host est la preuve que les nouveaux supports de sociabilité virtuelle, qu’ils soient réservés à un usage amical ou professionnel, peuvent être investis par le cinéma de genre, dont la plasticité n’est plus à présenter. Ultime apprentissage, et non des moindres : dans l’espace de la visioconférence, personne ne vous entend crier.

Host est encore disponible jusqu’à dimanche soir, ici

Crédit photo : Background

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