Théâtre
« Pas de Nounou pour Thoutmosis » au Café de la Gare : délicieusement barré

« Pas de Nounou pour Thoutmosis » au Café de la Gare : délicieusement barré

11 décembre 2013 | PAR Camille Hispard

Cette comédie policière de Bruno Lugan nous transporte dans un univers burlesque qui séduit par sa fraîcheur et son énergie frénétique.

Huit clos, appartement de Nathalie (Christine Anglio) et Alain (Philippe Manesse). Le couple souhaite fêter l’anniversaire de ce dernier et prévoit donc une babysitter pour garder leur petit-fils, Thoutmosis. « Oui, comme les pharaons, super, bravo », dixit Nathalie. Mais la nounou prévue à cet effet ne semble pas vraiment correspondre au profil habituel.

Une sorte de Lara Croft croisée avec un agent du KGB fait son entrée. Il s’agit du commissaire Galois (Carole Massana) qui enquête sur une histoire d’œuvres d’art volées. S’engage alors une surveillance façon Fenêtre sur cour chez Alain et Nathalie. Le couple se retrouve enfermé avec une tortionnaire aux accents militaires accompagnée de son gaffeur d’acolyte Letallec. Tous deux sont persuadés que c’est le voisin d’en face qui a fait le coup. S’ajoute à cette fine équipe la présence de la maman de Thoutmosis (Laetitia Vercken) qui séduit par sa fougue enfantine et son bagout déconcertant.

Tout ce petit monde se retrouve bloqué dans cette planque improvisée qui se transforme en une surveillance surréaliste et complètement bidon. De la confusion des boutons d’un talkie par Nathalie, daltonienne, à la scène de décryptage des meilleurs albums de Fantômette entre Letallec et la fille d’Alain, Pas de Nounou pour Thoutmosis est un petit ovni de drôlerie et de loufoquerie. Malgré un rythme qui ralentit à certains moments, on est emportés par un tourbillon de vie rafraîchissant,  ravis de retrouver la folie douce de Philippe Manesse qui met en scène ce beau bordel organisé.

C’est du vrai spectacle vivant qui bouge, qui se construit et se déconstruit sur scène à travers ce qui nous semble presque parfois de l’improvisation tant les comédiens s’amusent et se jouent d’eux-mêmes.

Cette pièce est un beau voyage sur des eaux surréalistes et follement perchées d’une troupe très convaincante !

Visuel : © Rony

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Camille Hispard

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