Théâtre
Les détaché.e.s, un voyage émotionnel d’une heure trente

Les détaché.e.s, un voyage émotionnel d’une heure trente

03 juin 2021 | PAR Léna Saint Jalmes

Au théâtre L’Etincelle de Rouen, la compagnie Le Chat Foin propose une pièce déroutante basée sur des bribes d’histoires vraies. Et, ils seront à Avignon !

Jean (Bryan Chivot) est en prison. Pour la première fois en 12 ans, sa mère, Claude (Aurélie Edeline), vient lui rendre visite. Ces retrouvailles vont nous plonger dans son histoire, sa famille, ses souvenirs. Une vie de carences, de violences et de honte. Comment en est-il arrivé là ?

La troupe est allée mener un projet de création dans des centres pénitenciers normands. Elle a rencontré des détenus qui n’avaient parfois plus aucun lien avec l’extérieur. Un détenu les a particulièrement ému : Jean. Pour Yann Dacosta (metteur en scène) il a parfois été difficile de faire la part des choses entre empathie pour les prisonniers et rejet de ces monstres.

La naissance d’un monstre

Manon Thorel signe Les Détaché.e.s, créé juste avant le second confinement. Et dès la première scène, le public est saisi. Une mère (Aurélie Edeline) et son fils (Bryan Chivot), face à face, au parloir. Mise en scène par Yann Dacosta, Stéphanie Chêne et Manon Thorel, la pièce est une continuité de flashbacks. On y découvre l’attachement mais aussi le détachement, la violence, parfois extrême, la manipulation et l’emprise.

La place des corps est prépondérante. Les personnages se lient et se délient physiquement. Ils dansent sur de la musique, s’embrassent, se battent… Des images fortes et « choc » réparties sur deux îlots du plateau. Ils représentent la maison de famille avec en plein milieu du salon une énorme machine à laver. 

La pièce monte crescendo en interrogeant la solitude et les liens familiaux. Les « carences familiales » comme Yann Dacosta les qualifie. Tout cela sans jugement ni stéréotype. L’objectif est de comprendre : comment est né le monstre ? L’ensemble de la troupe (Bryan Chivot : Jean ; Aurélie Edeline : la mère ; Jade Collinet : la tante ; Martin Legros : le père et l’oncle ; Manon Thorel : la petite-amie) jouent (très bien !) avec une puissance impressionnante.

La pièce est à découvrir au 11.Avignon en partenariat avec Festival Avignon Off du 7 au 29 juillet.

Visuels : ©Arnaud Bertereau

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Léna Saint Jalmes

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