Théâtre

La nuit des rois: quand rien ne paraît ce qu’il est …

17 septembre 2009 | PAR Audrey Saoli

La nuit des rois est la douzième après noël, celle qui marque le début du carnaval. Elle est emmenée par le roi des fous…

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L’intrigue du grand William Shakespeare est un joyeux chantier, rendant hommage au théâtre, dans laquelle personne n’est ce qu’il paraît être tout en croyant que l’autre est bien ce qu’il paraît… Vous l’avez compris, on y comprend rien.

C’est en Illyrie où règne le duc Orsino que se passe l’intrigue, deux jumeaux s’échouent dans un naufrage sur deux côtes différentes, chacun croyant que l’autre est mort. Autour de ce naufrage se tissent des quiproquos en pagaille.

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Chaque personnage se voile de son costume pour se ranger derrière le personnage que la société veut lui faire jouer. On se rend vite compte que ces rôles sont à contre-emploi et que le mensonge est le véritable seigneur de cette terre.

La tempête qui a ravagé la mer semble avoir tout bousculée autour d’elle, et quand le calme revient il est bien difficile de retrouver ses repères pour ces personnes qui se voient contraintes d’ enfiler les mauvais costumes.

En effet, les intrigues qui emmêlent leurs ficelles ne manquent pas. Il y a le duc Orsino fou amoureux de la belle Comtesse Olivia, les jumeaux Viola et Sébastien qui font naufrage et croient tous deux que l’autre est mort, la jeune Viola qui décide de se travestir en gentilhomme pour rentrer au service du Duc Orsino dont elle est amoureuse et la Comtesse qui va tomber amoureuse de ce jeune garçon qui est en fait une jeune femme.

Comme le veut une pièce où tout est inversé, les personnages tenant les rôles secondaires sont les véritables premiers rôles, en effet Arié Elmaleh dans le rôle du fou, le personnage le plus sage d’Illyrie, est absolument génial, il est un excellent comédien mais ce qui surprend le plus, c’est qu’il se révèle en plus un très bon musicien. Le rôle de l’intendant tenu par Henri Courseaux est jubilatoire, ses monologues sont tous hilarants et ses costumes parfaitement ridicules et enfin le duo de clowns ivrognes tenu par Yves Pignot et Jean Paul Bordes est délicieusement fantasque. la-nuit-des-rois-intendant

La comédienne qui fait le plus parler d’elle, Sarah Giraudeau «  fille de… », confirme son talent, après un Molière de la révélation féminine, dans son rôle de jeune fille travestie.

Nicolas Briançon qui a donc choisi de mettre l’accent sur la bouffonnerie, réserve aussi à son spectateur de beaux moments de justesse et de finesse. Le fou en particulier a des répliques d’une très belle poésie grâce à l’excellente traduction de Jean Michel Déprats.

Cette comédie en kilt mise en scène par Nicolas Briançon est un soigneux mélange de méprises, malentendus, mensonges, désirs, beuveries, chansons, gigues et mots d’esprit.

Théâtre Comedia: 4 boulevard de Strasbourg, Paris 10e, M° Strasbourg Saint Denis, jusqu’au 29 novembre, de 10 à 28 euros.

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Audrey Saoli

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