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« A l’ombre des ondes », un voyage merveilleux au pays des rêves

« A l’ombre des ondes », un voyage merveilleux au pays des rêves

18 novembre 2017 | PAR Sarah Reiffers

Nous les avions découverts au Off d’Avignon 2013, où déjà ils nous avaient émerveillé. Depuis, la bibliothèque sonore de Kristoff K. Roll s’est bien élargie, se nourrissant notamment des récits de rêves de migrants que les deux artistes sont allés recueillir dans la jungle de Calais. Nous les avons retrouvés à Paris, dans la péniche La Pop et dans le cadre du Festival d’Automne, pour un nouveau voyage sonore merveilleux au pays des rêves. 

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Depuis 2007, le duo Kristoff K. Roll collecte des récits de rêves aux quatre coins du monde, et cela dans une multitude de langues, à partir desquels ils conçoivent des «séances d’écoute» au casque créées in situ et en direct. Ce soir là c’est du français, de l’espagnol, du néerlandais, de l’anglais, ou encore du pakistanais qui se sont succédés dans nos oreilles sous la forme de sept songes ou cauchemars pour une expérience unique, une plongée dans l’inconscient d’étrangers devenus, pour un court instant, les complices de notre propre imagination.

Dès nos premiers pas dans la salle tout en longueur de La Pop, péniche amarrée au Quai de la Loire, nous voila transportés au pays des rêves, pénétrant comme Alice dans un monde mystérieux et merveilleux. Sous les volutes de fumée et la lumière diffuse de quelques ampoules, les spectateurs (ou peut-être plutôt les futurs rêveurs éveillés) sont invités à prendre place sur une chaise longue, mettre un casque audio, fermer les yeux et s’évader. Muni d’un micro Jean-Kristoff Camps sort de la péniche, s’aventure à faire quelques pas, s’approche d’une fontaine, écoute les gens passer, et notre esprit part avec lui, comme si une partie de nous-même l’avait suivi au dehors pour écouter ces bruits de la vie de tous les jours auxquels nous ne prêtons pourtant que rarement attention. Lorsqu’il revient auprès de Carole Rieussec, et nous avec, c’est pour nous convier à un voyage au pays des rêves d’étrangers. Entre chaque récit s’enchaînent et se superposent des sons qui, s’ils font sens par eux-mêmes, deviennent étrangement déroutants lorsqu’ils sont ainsi rassemblés: un train et des joggeurs, le son des vagues et celui d’un ballon de basket sont amenés à exister ensemble et en simultané, recréant l’étrangeté propre aux rêves.

A l’ombre des ondes jongle entre l’universel et le personnel. Universel parce qu’il vise à collecter et à partager des récits de rêves recueillis dans le monde entier. Personnel par que chaque spectateur en tirera une expérience unique, en fonction de sa propre imagination et de ses propres souvenirs. A l’ombre des ondes se vit donc comme la vie elle-même: si tout le monde est relié par une écoute collective, chacun mènera cette séance à sa propre manière, et en solitaire. On en sortira comme l’on sort d’un joli songe et, on peut l’espérer, de l’expérience humaine: émerveillé et enchanté.

Kristoff K. Roll vous propose deux dernières séances d’écoute à La Pop ce samedi à 19h30 et 21h, courez-y!

Visuels: SR

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