Jeune Public
« Dans ce monde », la belle traversée de Thomas Lebrun à l’Opéra de Paris

« Dans ce monde », la belle traversée de Thomas Lebrun à l’Opéra de Paris

21 décembre 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Ce weekend, le directeur du CCN de Tours présente à l’Opéra de Paris une création à l’attention du jeune public à partir de 6 ans. Un spectacle où l’humour croise le beau, comme toujours chez ce chorégraphe que nous aimons tant.

Montrer de la danse contemporaine aux enfants, sans aucun compromis, cela demande un peu de tactique. Alors, Dans ce monde compte 14 parties pour une heure de spectacle. Pas le temps de s’ennuyer. Chaque saynète correspond à un pays, illustré par une musique. Au plateau, en solo, en duo ou en quatuor, Maxime Aubert, Anthony Cazaux, Lucie Gemon et Léa Scher s’amusent clairement. 

En fondus enchaînés aux transitions très soignées, on passe d’un pays à l’autre. Chez Thomas Lebrun, l’identité couplée à la magnificence des corps est un axe majeur, (Constellation consternée (2010),Jeune fille et la mort (2012), Trois décennies d’amour cerné (2014), Lied Ballet (2014), Avant toutes disparitions (2016), Another look At Memory (2017), Les rois de la piste (2017) et son Blitz à l’invitation de Faits d’Hiver (2019)), tous ses spectacles saluent avec un axe néo-classique les cultures populaires. 

Pour dire l’identité de chaque pays, il utilise des réminiscences. Les hanches ondulent pour l’Algérie, l’axe du corps est bas et les pieds frappent le sol pour le Mali, la danse se fait élégante pour la France, le Brésil roule des épaules… Aucun pas n’est issu des danses traditionnelles, l’écriture est contemporaine et le final sur Philip Glass est une leçon de farandole très bauschienne. 

L’un des plus beaux apports de la pièce est le merveilleux travail sur les traversées très écrites, contraintes par de beaux accidents et un travail intense sur les bras et les doigts, jusqu’aux épaules. De nombreux mouvements frisent le jazz, les têtes penchent, les hanches dévissent, les dos se courbent et, pourtant, l’ensemble s’affirme dans une langue classiquement contemporaine.

Les ensembles se déphasent et se disloquent. Lebrun impose des manques, comme les bras absents pour le Vietnam ou les pieds fixés au sol pour la Syrie. Tout cela permet de déployer un vocabulaire riche et pluriel.

Lebrun s’amuse beaucoup ici (mention spéciale pour les pas de deux Cubains !) et continue de montrer que sa passion pour le beau est un combat juste.

Visuel : ©Frédéric Lovino

Dans ce monde, spectacle tout public de Thomas Lebrun, présenté du 20 au 21 décembre 2019,  à 20 heures, à Paris, à l’amphithéâtre de l’Opéra Bastille. Durée : 60 minutes sans entracte. Réservations ici.

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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