Danse

[Festival d’Avignon] « Lied Ballet », la leçon de danse de Thomas Lebrun

[Festival d’Avignon] « Lied Ballet », la leçon de danse de Thomas Lebrun

11 juillet 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le chorégraphe, danseur et directeur du Centre Chorégraphique National de Danse surprend une nouvelle fois. L’extravagance de What you want, la subversion de Que tal ? ont depuis quelques temps laissé place à des pièces aux thèmes ou aux esthétiques plus sombres. Switch  (2007) sur l’identité, la magnificence des corps dans  Constellation consternée  (2010), l’éblouissante  Jeune fille et la mort  (2012) et récemment son travail sur le Sida.. On le retrouve au Cloître des Carmes avec trois actes de beauté pure : Lied Ballet

[rating=5]

Thomas Lebrun s’interroge, tout comme nous sur le surgissement de l’archive dans la danse contemporaine. Pour traiter ce constat, il choisit de parler de la filiation. Il propose Lied Ballet, une pièce en trois actes qui raconte l’évolution de la danse et de ses interprétations.  Le fil conducteur de ce spectacle est le lien qui fait passer d’une façon de danser à une autre.

On entre dans le récit par un duo de danseurs aux visages fermés, vêtus de noir et de dentelles.  Les violons  bientôt stridents de « Chukrum » s’entendent mais ne sont pas présents. Pour le moment le piano et son micro attenant restent vides. Vont entrer cinq autres danseurs, tous ultra glamours, robe longue pour l’une, pour les autres, petites tenues de soie. Les garçons, pour le moment ne sont que deux et sont tout aussi bien mis.  La danse se jette sur nous, par groupe, qui se déplace comme un vol d’oiseau bien rangé. Il y a une alternance de postures et de course.  Nous sommes face à des arrêts sur image tragiques : la perte, le cri, la mort. Les cheveux sont tirés à quatre épingles. Les corps se décalent dans des torsions à la géométrie époustouflante et même suffocante de beauté. Nous sommes en plein romantisme, et celui ci sera bientôt accompagné par la voix du ténor Benjamin Alunni accompagné de Thomas Besnard au piano, il subjugue en envahissant de sa puissance le cloître balayé par le vent glacé, on entend des lieder de Berg, Mahler et Schönberg d’une beauté inouïe.

L’histoire est en marche, même si l’un a la posture d’un Giacometti en mouvement, symbole du passé qui ne souhaite pas partir, les choses évoluent. Les costumes se libèrent, les visages et les cheveux se lâchent. La danse est plus souple, moins théâtrale, et sans trop en dévoiler, Thomas Lebrun réussit à  nous ramener, peut-être pas en 2014 mais dans les grandes heures d’une Trisha Brown.

Thomas Lebrun assume cette tendance qui devient une permanence, celle qu’a la danse de se raconter. On aura vu cette saison Dominique Brun monter le Sacre du Printemps dans sa version première. On a vu il y a déjà longtemps François Chaignaud réactiver les danses libres des années 20. Thomas Lebrun dépasse la mode pour établir un fait : la danse n’est que continuité dans son héritage.

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One thought on “[Festival d’Avignon] « Lied Ballet », la leçon de danse de Thomas Lebrun”

Commentaire(s)

  • sebastien

    J’adore le festival d’Avignon mais je suis fan incontestablement du festival de Cannes de ses stars et ses paillettes.
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    Bonne lecture à vous et vive la culture les amis ;)

    décembre 15, 2019 at 0 h 14 min

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