Danse
L’hommage du Festival d’Automne à Trisha Brown, suite en rondeurs

L’hommage du Festival d’Automne à Trisha Brown, suite en rondeurs

30 octobre 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

C’est la fin d’un cycle enclenché le 22 octobre. Le Festival d’Automne et le Théâtre de la ville proposent maintenant le second programme de ce spectacle pensé comme une monographie.  « Trisha Brown Dance Compagny », programme B est tout comme son acolyte programme A un Chef d’oeuvre

[rating=5]

Ce sont trois pièces majeures du répertoire de la chorégraphe américaine née en 1936 qui sont présentées dans cette seconde et dernière partie : Foray Forêt (1990), If you couldn’t see me(1994) et Astral Convertible(1989). Toutes ont comme point commun une scénographie et des costumes signés Robert Rauschenberg. Étonnamment, le choix de les montrer dans un ordre a-chronologique vient donner un sens immense au travail de celle qui aura défini le « Pure Mouvement »

Toutes ont aussi comme fil conducteur une attention portée au début et à la fin de chaque pièce. C’est dans un format de coupure qu’apparaissent les danseurs, et c’est un noir soudain qui les fait disparaître.
Cette notion de disparition va de pair chez Trisha Brown avec un goût certain pour le surgissement.
Dans les deux pièces de groupe, Foray Forêt et Astral Convertible, il n’est pas rare de seulement apercevoir des bouts de corps venir pousser ou supporter des danseurs.

On sera surpris dans les deux premières pièces, Foray Forêtet If you couldn’t see me de découvrir plus de rondeurs dans les mouvements qui au premier regard semblent rechercher l’esthétique facile d’une courbe. Très vite, elle nous fait mentir, Foray Forêt fait danser les interprètes dans des tenues lamées comme s’il s’apprêtaient à entrer en scène, avec pour seule musique, une fanfare jouant au loin, se rapprochant doucement. Les tubes disco arrivent en pagaille avec des allures de fêtes foraines. Il est impossible de savoir si ce bal du 14 juillet est joué en live ou pas. Pour If you could’nt see me, on croit à un solo aux accents classiques. Jamie Scott est superbe en blanc et offre des ronds de jambes et des suspensions de pure beauté. Il faut un temps infini pour voir que ce corps à expressivité » infinie est de dos.
Le dernier temps, Astral Convertible agit comme un bouquet final. On retrouve les académiques, cette fois gris, de pièces comme Newark, mais cette fois ci, les filles sont sexuées et différenciées des garçons par des bouts de tissus accolés à leurs jambes venant donner l’illusion d’une jupe.

La musique arythmique est de John Cage et les mouvements sont à la recherche de lignes parfaites dans une géométrie construite. La lumière vient du plateau, les danseurs agissent comme d’autres points lumineux. Si dans les deux premières pièces le geste était fluide, ici il prend l’allure de postures athlétiques, tout en s’inscrivant toujours dans un mouvement perpétuel.

Jamais chez Trisha Brown le geste ne sera stoppé par autre chose que sa propre décision. Il semble que ses danseurs sont des machines sublimes, capables d’affronter les capacités des muscles sans jamais montrer leurs douleurs.

A voir absolument.

Visuels :Samantha Siegel

Infos pratiques

Centre Pierre Cardinal (festival Les Musicales)
Le Théâtre de l’Athénée
Marie Boëda

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