Danse

Sarah Crépin et Etienne Cuppens rendent un hommage délicieusement fantomatique à Bejart

Sarah Crépin et Etienne Cuppens rendent un hommage délicieusement fantomatique à Bejart

21 octobre 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Dire qu’il y a une danse jeune public est un leurre et la compagnie La BaZooKa le prouve bien en offrant une leçon de danse très contemporaine et fort ludique. Un tout public à partir de 6 ans à voir d’urgence au Paris Villette.

[rating=5]

Si on vous dit « fantôme » vous pensez quoi ? Parmi-vous certains tomberont sur les costumes de Pillowgraphies : Un drap blanc et deux gros trous pour les yeux. Alors on pense sérieusement être à un spectacle pour les enfants qui questionnerait la peur éternelle du noir et la figure iconique du fantôme.

Très vite on se dit qu’on est ailleurs, que la façon dont en alternance Yann Cardin, Sarah Crépin, Aurore Di Bianco, Flore Khoury, Claire Laureau-Renault, Sakiko Oishi, Matthieu Patarozzi, Marie Rual, Léa Scher, Taya Skorokhodova et Julien-Henri Vu Van Dung campent leurs indifférenciables fantômes cache quelque chose sous le blanc.

De façon astucieuse et classique, à  la lumière noire, les pieds sont rendus invisibles. Ils flottent et se déplacent à la vitesse du vent, normal pour des spectres. Moins pour des danseurs. 

Ces corps errants pour l’éternité se courent après et semblent être saisis d’émotion quand retentit le Boléro de Ravel et donc le mouvement vient ici reprendre exactement celui de Maurice Béjart , immortalisé par Jorge Donn dans Les Uns et les Autres de Claude Lelouch.

Un coup de théâtre (ou plutôt  un coup de danse) qu’on ne vous dévoilera pas vous permettra de comprendre les essences de la danse contemporaine : ce qui à l’air facile ne l’est jamais, la technique est sublime quand elle semble légère.

On a un plaisir fou à voir les meilleurs lieux dédiés à la danse faire corps commun pour rendre l’écriture chorégraphique la plus sérieuse très accessible. Ici se sont alliés La Scène Nationale de  Dieppe, Le Volcan – Scène Nationale du Havre, le prestigieux Ballet de Lorraine – Centre Chorégraphique National (accueil studio 17/18), L’Arc – Scène Nationale Le Creusot et le Théâtre de l’Arsenal Val de Reuil, scène conventionnée art et création pour la danse.

Pillowgraphies met du récit dans des corps invisibles et invite chacun à son niveau de lecture : corps entravé, corps habité.  L’écriture très fine du spectacle sait faire boucle et ménager son public jeune et moins jeune. Un pur spectacle de danse contemporaine qui vient chercher dans le souffle la façon de se déplacer sans rien brusquer.

A voir absolument au Paris Villette à ces moments-là :

mardi 23 octobre à 14h30
mercredi 24 octobre à 14h30
samedi 27 octobre à 17h
dimanche 28 octobre à 15h30
mardi 30 octobre à 14h30
mercredi 31 octobre à 14h30
dimanche 4 novembre à 15h30
Durée 45 mn.

Visuel ©Roger Legrand

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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