Danse

Mithkal Alzghair, Sylvère Lamotte et Mickaël Phelippeau excellent à la Belle Scène Saint-Denis

Mithkal Alzghair, Sylvère Lamotte et Mickaël Phelippeau excellent à la Belle Scène Saint-Denis

15 juillet 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le lieu le plus In du Off est, pour rappel, la réunion le temps du festival de deux lieux: Le Théâtre Louis Aragon et le Théâtre Gérard Philipe. Pour le second programme, la diversité de la danse est exposée, pour le meilleur.

 

Tout commence avec un extrait de We are not going back de Mithkal Alzghair. Le chorégraphe et danseur est réfugié syrien, il vit en France et il a fait partie en 2017 des lauréats de Danse Élargie, le concours de danse du Théâtre de la Ville. Avec cette nouvelle pièce, dont la Belle Scène Saint-Denis montre un extrait, il continue de raconter son histoire, mais portée par d’autres interprètes. 

Mirte Bogaert, Yannick Hugron, et Samil Taksin, marchent lentement et leurs changements de directions marquent un trouble. Yeux hagards et tunique symbolisant un ailleurs, ils semblent enfermés. Les mains se lèvent, les poings se lient. Cette danse dit l’impact du pouvoir totalitaire sur le corps. La marche ne cesse jamais, parfois les danseurs se touchent sans avoir le temps de s’intéresser à l’autre. Progressivement, la danse prend le dessus sur l’oppression mais sans jamais quitter les gestes du pouvoir.

Dans un tout autre axe, Sylvère Lamotte présente un extrait de l’Echo d’un infini. Le danseur semble avoir pris ici en maturité avec ce très beau duo. Il danse avec la frêle Brigitte Asselineau qui semble toute petite à côté du colosse. Ils en jouent dans des effets d’échelles délicieux. Surgissent des portés très innovants, sur jambes tendues où il la porte comme un enfant ou comme dans une figure de pietà.  Entre les générations et magnifiant des différences de morphologie, la pièce sublime la possibilité d’être dans une cohérence malgré les apparences.

Encore un pas de côté pour retrouver le chouchou Mickaël Phelippeau qui se passionne pour les figures amateures. Mais après Pour Ethan et Pour Anastasiail  s’est intéressé à des danseurs professionnels burkinabés, Ben Salaah Cisse et Luc Sanou dans Ben & Luc. Lou se place entre les deux. Lou Cantor est danseuse baroque, comme sa maman. Rien ne dit que c’est son métier. Tout semble parler d’une passion. En jeune femme de 27 ans, elle pose son téléphone au sol, porte un grand sac et des baskets. Elle va écrire sa danse en la traçant au sol avant de la raconter et bien évidemment de la danser. Sur une musique écrite en 1700 elle prouve que la modernité n’a pas d’âge. On découvre la physicalité de  la danse baroque qui détonne totalement avec son costume ampoulé. Comme toujours Phelippeau dresse avec des petites choses un portrait sensible, fin et diablement intelligent.

 

A la Parenthèse, 18 rue des Ecoles, 04 90 87 46 81, à 10h- Durée 1H30.

Visuel : ©ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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