Danse
Avignon OFF : Ensemble c’est mieux à la Belle scène Saint-Denis

Avignon OFF : Ensemble c’est mieux à la Belle scène Saint-Denis

10 juillet 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Désormais l’extension avignonnaise du Théâtre Louis Aragon fait cavalier seul. Et c’est donc un programme 100 % danse que le lieu propose. Retour sur le programme 1 de la Belle scène Saint-Denis à La Parenthèse qui, hasard du calendrier, présente des propositions qui viennent toutes dire, après trois confinements, que seul on ne vaut rien !

Tout commence avec… du théâtre ! Finalement, c’est peut-être la nostalgie des années précédentes où le TLA était en compagnonnage avec le TGP, et avant cela avec le Forum de Blanc-Mesnil qui malheureusement n’existe plus en tant que lieu de création. Il s’agit de L’Orée, une rencontre entre le circassien Jean-Baptiste André et l’auteur Eddy Pallaro. Pendant trente minutes, le premier tire l’autre, même si l’autre ne veux pas. Il lui dit « tu dors ? », l’autre répond « tu m’emmerdes ! » Cela vous donne le ton ! S’en suit un texte souvent drôle et aussi acide sur les chemins à parcourir à deux. Deux amoureux, deux amis ? On finira par savoir quels sont leurs rapports. On dit théâtre mais c’est « juste » pluriel entre cirque et texte. Jean-Baptiste André supporte le poids d’un homme. Eddy Pallaro se laisse traîner, jusqu’à quand ? Vous verrez ! 

Tout continue avec un pas de deux bonbon ! Mélanie Giffard et Yves Mwamba dansent Impressions, nouvel accrochage d’Herman Diephuis. Ils arrivent de dos, tee-shirts gris et pantalons marine. Ils dansent comme s’ils s’étiraient après une nuit à la campagne. Au son, au début, nous les voyons évoluer sur le Prélude à l’après-midi d’un faune. Les corps fondent, les bras sont des alliés. Puis, ils vont se rencontrer, une vraie rencontre amoureuse hein ! Se dire des trucs à l’oreille, s’entremêler, accélérer… Jusqu’à quitter la campagne pour la ville dans un duo urbain qui dépote et nous entraîne !

C’est donc de façon très cohérente que la dernière proposition vient se poser là. Cela s’appelle Intro mais ça a le mot de la fin. Elles sont trois – Mellina Boubetra (qui chorégraphie également), Katia Lharaig et Allison Faye – et ont envie de se marrer. Elles sont en shorts et en chaussettes, comme des copines qui se posent après être rentrées du collège. Et on imagine bien qu’elles ferment la porte et qu’elles se lancent. D’abord de façon timide, comme quand on écoute sa chanson préférée dans le métro, puis très à fond. Bande son électro et danse au cordeau. Elles assurent. La structure est classique dans la construction, elles comptent en 4 et en 8, c’est très écrit. Et là où c’est fort, c’est la modernité. Leur danse est contrainte, rien n’est naturel pour ces filles qui puisent dans le hip-hop leurs genoux rentrés, et leurs épaules qui se lèvent sur un dos raide. C’est contemporain en diable et c’est à suivre de près !

Programme 1 jusqu’au 11 à 10 heures

Programme 2 du 12 au 16 à 10 heures

Du 10 au 14 à 17 heures, en collaboration avec Danse Dense :  La Ménagère de Rebecca Journo, An H to B & Nothing But de la Cie K622/Mié Coquempot et Le Tir sacré de Marine Collard

Et tous les jours à 12 heures, radio TLA en direct (et c’est trop bien !)

Visuel : ABN

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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