Danse

« Jean-Yves, Patrick et Corinne » ou l’aérobic au service de la danse contemporaine aux Hivernales

« Jean-Yves, Patrick et Corinne » ou l’aérobic au service de la danse contemporaine aux Hivernales

15 juillet 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

C’est sans doute la bombe kitsch des Hivernales et si vous nous suivez, vous le savez, on fond pour le rose décalé ! Le collectif ÈS s’amuse beaucoup à tenter de faire un spectacle de danse « original ». Et alors ? Il y arrive.

Ce collectif est associé à la scène conventionnée La Rampe, La Ponatière-Echirolles et sévit en région Auvergne-Rhône-Alpes. Il se compose de Sidonie Duret, Jeremy Martinez et Emilie Szikora. Il est actuellement en présentation et en travail sur plusieurs créations qui croisent le punk, le loto ou l’entêtant Despacito.  Cela pose le cadre !

Pour cette pièce qui date de 2017, Jean-Yves, Patrick et Corinne,  le trio est en fait un quintette qui n’évolue qu’à trois (vous suivez ?). Adriano Coletta, Sidonie Duret, Jeremy Martinez, Alexander Standard et Emilie Szikora s’interrogent donc. Comment faire une pièce originale ? C’est vrai, tout a été fait déjà, Pina et Cunningham ne sont plus là. Alors quoi ?

En petit short layette ou en tenue de Véronique et Davina, les danseurs interrogent avec un humour mordant les héritages. La danse contact y prend pour son grade, nez pincé et jambes tirées. Toujours les uns sur/dans les autres, ils évoluent en étant interchangeables. Dans des références dignes des meilleurs karaokés, le collectif réitère sa passion (légitime) pour Whitney Houston. En 2016, il créait une pièce nommée I wanna dance with  somebody… oui oui.  

Alors ici, on écoute religieusement ces hymnes pops, on éclate de rire face à une performance d’aérobic musclée mais toujours (très très) souriante. Ces excellents danseurs aux bases solides ont bien digéré leurs grands écarts et leurs postures pour en faire une grammaire foutraque en apparence. C’est en réalité très fin sur les difficultés à être moderne aujourd’hui et à repenser les grandes figures des années 80. Tout est trop ici. Les bras trop pliés, les hanches trop décalées, les jambes trop levées, les dents trop montrées… Et bref… c’est trop bien !

Aux Hivernales jusqu’au 20 à 19H15. Durée 1H.

 

Visuel ©Jean Louis Fernandez

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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