Danse

Madeleine Fournier danse « Autour du projet Labourer » au Festival June Events

Madeleine Fournier danse « Autour du projet Labourer » au Festival June Events

15 juin 2018 | PAR Claudia Lebon

Madeleine Fournier était à la Cartoucherie de Vincennes pour le festival de danse June Events qui se poursuit jusqu’au 22 juin. La jeune danseuse nous a offert un solo esthétique et chargé de messages.

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Cette année, pour le Festival June Events, le sol du petit studio de l’Atelier de Paris a été minutieusement défriché. Avec ses gants rouges et ses joues maquillées de rose vif, telle une jolie paysanne, Madeleine Fournier s’est occupée de labourer la scène, et la danse. Un programme intrigant.

A l’origine de ce projet, un mot. Le titre du spectacle est le point de départ de cette danse, une procédure adoptée pour de nombreuses créations, explique Madeleine. La jeune chorégraphe a donc tourné autour du mot « labourer » pour en extraire les différents sens : « Labourer m’évoque une ramification d’interprétations diverses parfois même contradictoires qui semblent pourtant faire écho les unes avec les autres« . La violence du labour, la pénibilité du labeur, le rythme et les sons de la machine, l’acte sexuel… Madeleine Fournier a également voulu rendre hommage au cycle féminin et aux menstruations, ce sang considéré comme « honteux, sale, caché, tabou« . « Je suis une femme donc je danse avec ces choses-là » déclare la jeune danseuse. Puissances de création, la nature et les femmes sont mises en rapport dans la lignée des mouvements éco-féministes.

Alors comment danser cette polysémie ? Avec les pas de la bourrée ! Le pas de cette danse traditionnelle auvergnate est selon Madeleine Fournier, « une sorte de colonne vertébrale, de figure archétypale du pas de danse« . La chorégraphe va même plus loin en affirmant que la bourrée pourrait être « un ancêtre envore vivant de toutes les danses d’aujourd’hui« . Une définition très ambitieuse. Il est assez dommage et étonnant qu’une danseuse professionnelle considère les danses « house, jazz, classique, contemporaine » comme la « quasi-totalité des danses du monde« . Madeleine Fournier transforme cette danse populaire en l’associant à la house. Un mélange qui donne lieu à des mouvements très rythmiques, répétitifs que l’on associe facilement à la violence du geste mécanique du labour. Une violence retranscrite par les sons percussifs d’une « batterie en morceaux » d’où émane une musique autonome, générée par des signaux électriques. Cette belle création du musicien Clément Verceletto donne encore plus de puissance aux pas de la danseuse qui, comme une claquettiste, martèle le sol sans ménagement.

Le spectacle apparaît comme une recherche laborieuse des origines de la vie et de la danse, Madeleine Fournier creusant de ses pas pour « déterrer les gestes, les activités, les formes qui résident en profondeur« .

Ces différents sens n’apparaissent pas vraiment liés mais plutôt hétéroclites. Madeleine Fournier nous offre néanmoins une belle présence qui ne peut que nous engager dans le spectacle.

Autour du projet Labourer sera joué de nouveau en novembre 2018 à l’Atelier de Paris Carolyn Carlson et au Next Festival.  Il est aussi prévu au Festival Trajectoire(s) du TU de Nantes, au Vivat d’Armentières et au Théâtre de Beauvais en 2019.

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Claudia Lebon

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