Musique

L’Exécution du juge infernal à la MC93

L’Exécution du juge infernal à la MC93

24 mai 2012 | PAR Kylhian Hildebert

Il est couramment admis que la Chine est le berceau du théâtre d’ombres, bien que certains historiens placent plutôt sa naissance en Inde, la fameuse expression “ombre chinoise” rattache dans l’imaginaire collectif cette origine à la Chine. La maison de la culture du 93 offre cinq représentations de ce genre millénaire, en y mêlant également des éléments de l’Opéra de Pekin, ce qui offre un spectacle inédit…

L’argument est adapté d’un livret de l’Opéra de Pékin, une histoire d’amour qui se termine mal : Le soir de la fête des Lanternes, une jeune fille est assassinée par un voyou. Son bien-aimé est accusé du crime. Au royaume des morts, elle va trouver le juge infernal pour réclamer justice. Mais l’assassin n’est autre que le fils du juge qui va falsifier le registre des morts pour que la vérité ne soit pas révélée. Sur terre, l’incorruptible juge Baogong mène l’enquête et décide de descendre aux Enfers pour confondre les vrais coupables.

Les marionnettes sont d’une expressivité confondante, impressionnante. Différents tableaux apparaissent au fur et à mesure de la pièce (les Enfers, un palais de justice, un jardin…) qui nous font voyager pendant 1h30. Contrairement à certaines marionnettes (occidentales notamment) les marionnettes chinoises jouissent d’une formidable polychromie, de détails particulièrement travaillés et l’animation est plus que réussie. La pièce se refuse à tout manichéisme, le juge suprême des Enfers n’hésite pas à falsifier le registre des morts pour protéger son fils et essayer d’éliminer tout contrevenant. Ce sont des personnages simples : un serviteur, un juge humain qui vont réussir à prouver leur valeur face aux instances immortelles. Les différentes péripéties s’enchaînent avec aisance, sans temps morts.

L’originalité du spectacle vient de la présence de personnages en chair et en os ; notamment l’allumeur de lanternes qui effectue sans cesse le voyage entre la Terre et le royaume des Enfers et qui nous accompagne d’un bout à l’autre du récit ; ou encore certaines marionnettes qui se métamorphosent en personnages d’Opéra (la veuve, le juge infernal, le juge Baogong). Deux spectacles en un donc, pour notre plus grand plaisir, soutenus par les chants et les instruments traditionnels qui emplissent l’espace sonore.

Visuel : © Compagnie Han Feizi

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[ Publi-Rédactionnel ]
Kylhian Hildebert

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