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[Live-report] Ben Sidran, old school hipster au Sunset-Sunside (11/11/2015)

[Live-report] Ben Sidran, old school hipster au Sunset-Sunside (11/11/2015)

12 novembre 2015 | PAR Yaël Hirsch

Six ans et deux albums ont passé depuis l’album Dylan Different qui avait consacré l’amour fou entre le pianiste, chanteur et spécialiste du jazz américain et Paris avec un enregistrement live (voir notre livre report du concert au New Morning). C’est au Sunset-Sunside que Ben Siran opère en 3 sets et match du 10 au 13 novembre dans un « gig » abouti avec son groupe où son fils, Leo, opère à la batterie.

Nous sommes allés l’écouter ce 11 novembre dans la longue salle parfaitement comble, avec un public majoritairement américain et parfaitement à l’unisson. Charmant mauvais élève traînant à l’arrière de la salle jusqu’au dernier moment, lorsque Ben Sidran passe à la scène, assis au piano, entouré de son bassiste, de son fils aux percussions et de Bob Rockwell au saxophone, il donne le signal que les choses sérieuses commencent. Et elles commencent par un mot d’excuse : Rodolphe Burge, annoncé comme partie prenante du concert, est souffrant. La trompette du génial Tatum Greenblatt remplace donc la guitare du fondateur du festival C’est dans ma vallée.

Un ou deux morceaux suffisent à faire entrer doucement le public en transes avec le rythme familier d’un jazz qui nous plonge dans un New-York éternel. On entre pleinement dans le concert – comme dans un charme fort – quand Sidran entonne le très groovy « Blue Camus », titre éponyme de son dernier album (Bonsaï Music, 2014), où la variations musicales se mêlent à un chanté-parlé plein d’expérience sur la vie à New-York.

Ayant placé son audience dans une sorte de transe, et laissant un petit temps de solo clair à Tatum Greenblatt puis à Bob Rockwell, Sidran reprend la main et la voix. Il enchaîne sur plusieurs titres de l’avant-dernier album Don’t cry for no hipster (Bonsaï Music, 2013) Il partage de sympathiques considérations historiques et sociologiques sur ce qu’est un hipster : le concept remonte à avant même que Williamsburg ait commencé à se gentrifier et au temps de la prohibition. Si aujourd’hui « Tout le monde est hip », dans le temps il n’y avait que les vrais rebelles. Sidran parle vite en anglais pour un public qui le comprend au quart de tour et sourit avec lui quand le vieux loup de mer s’autoproclame un « Old school hipster ».

La fin du premier set approche et le vieux hipster se transforme en chamane qui partage sa sagesse. Dans une petite course vocale qui ferait presque passer du groove au ska, il vante ce qui se passe avec ses musiciens sur scène et nous rappelle que ce qui compte c’est le rythme et la chaleur humaines qui ont lieu « entre les notes ». Il poétise sur ce giron interlope pendant plusieurs minutes, créant un pic d’attention avant de donner le là d’un moment instrumental plus classique d’une parfaite complicité.

Le premier set se termine, Ben Sidran repasse près du bar et parle avec tout un chacun. Il y a deux autres sets intenses et une troisième date ce jeudi 12 novembre 2015 pour entendre le « vieux hipster » plein de grâce et son groupe très unis. Ce troisième concert de Sidran au Sunset-Sunside est programmé dans le cadre du Festival Jazz & Klezmer. Gageons que le public éclectique de ce festival métissera le public de Sidran de non anglophone et de spectateurs venus d’autres contrées que le jazz.

visuel : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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