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Laurence Haziza nous parle de la 14e edition du Festival Jazz’n Klezmer

Laurence Haziza nous parle de la 14e edition du Festival Jazz’n Klezmer

06 novembre 2015 | PAR Yaël Hirsch

Du 11 novembre au premier décembre, le festival Jazz’n Klezmer va faire voyager les Parisiens. Pour cette 14e édition, le public retrouvera des groupes fidèles de ce festival entre Jazz et Klezmer qui permet la rencontre de musiques venues de plusieurs tradition. On entendra ainsi Yom ou encore le clarinettiste David Krakauer, mais l’équipe de Jazz’n Klezmer, Alain Knafo et Laurence Haziza nous ont également préparé des surprises. Rencontre avec Laurence Haziza, la directrice du festival qui nous parle des groupes et des événements de Jazz’n Klezmer 2015.

C’est la 14 ème édition, deux fois l’âge de raison et l’après bar mitzwah, Jazz & Klezmer est-il passé à l’âge adulte ?

D’une certaine façon nous avons grandi ; nous avons cette année invité de très grands noms de la musique contemporaine et classique avec Sonia Wieder Atherton ou encore Rémy Yulzari et Nadav lev de Azaféa, un grand nom du jazz avec Ben Sidran, Comme si nous étions devenus « des grands ». Mais nous restons de grands enfants avec des rêves de découvertes, de grands espaces, et un goût de la fête qui grandit à chaque édition. Nos découvertes cette année sont Shalosh Trio les petits derniers d’une scène jazz israélienne explosive, ou encore dans un registre pop world engagé The Angelcy dont je prédis qu’on parlera beaucoup. Irith Gabriely et Irina Loskova, deux musiciennes vivant en Allemagne et qui viendront se produire pour la première fois à France. Sans oublier Horse Raddish, ce klezmer aux sons rock tradi que nous aimons particulièrement. Leur premier album passe régulièrement en radio, nous ne sommes pas les seuls à les avoir remarqué…

Mais on re-danse à tout âge à la Bal Mizvah ! Comment cela s’est-il passé l’an dernier ? C’est déjà plein cette année pour le 16 novembre?

La Bal Mitzva de l’an dernier fût une des plus belles soirées du festival, nous avons dû refuser plus de 200 personnes, le concept a fonctionné au-delà de nos espérances, alors nous avons eu envie de réitérer l’expérience. Rabbi Jacob est devenu Rabine Estelle, elle sera haute en couleur et enflammera de son violon le danse floor de la Bellevilloise. The Angelcy est un groupe dont on entendra parlé au moins autant qu’A-WA. Signé chez Sonny Music, leur premier album sortira en janvier prochain. Socaled n’était pas venu en France avec son groupe depuis longtemps, se sera l’occasion de les voir tous, Katty Moore inclus. Quand à Valentina Casula, elle est une immense chanteuse italienne et viendra présenter un extrait de son prochain album. 4 concerts une soirée des plus festives, il reste des places mais peu, alors il faudrait se dépêcher de réserver.

Même si vos lieux sont souvent les mêmes, Jazz & Klzemer est un festival un peu nomade dans Paris, votre public vous suit-il de la rue Copernic (16e) au New Morning (10e) en passant par votre QG de Rachi (5e) ou s’agit-l en fait de publics différents ?

Oh oui c’est même une des spécificités du festival d’être sur plusieurs lieux à Paris. Et le public suit, chaque année nous revoyons des visages amis de Copernic à La Cigale, et d’une année sur l’autre. Comme si ce festival était une fête de famille (Sans les inconvénients…) où l’on retrouve chaque année des visages connus et beaucoup de nouveaux venus.

L’odyssée espagnole d’Azafea est-elle le grand moment culturel séfarade de ce festival ? Ou va-t-on aussi voyager plus au sud avec Shalosh ?

Azaféa, projet initié par deux musiciens solistes venus du classique, nous fat traversé dans l’espace et dans le temps la culture latino, espagnole méditerranéenne, car le festival à toujours fait une place à toutes les formes de musiques juives, de l’est au sud. Azaféa sera un moment fort de cette édition tant leur travail est lumineux et délicat. Frank London le père de la trompette klezmer sera l’invité exceptionnel de ce concert. Quant à Shalosh ils traversent eux aussi les frontières, et nous découvrirons ensemble sur scène s’ils sont plus au sud d’Azaféa

Pour la première fois, Sonia Wieder-Atherton est au programme de Jazz & Klezmer. Vous allez vers du classique ?

La présence de Sonia Wieder Atherton est tout un symbole, oui c’est la première année que nous invitons une artiste issue du classique. Mais elle est si iconoclaste qu’elle parcourra pour nous, dans un programme spécialement conçu pour ce concert des morceaux de ses projets Chants d’Est et Chants juifs, de son vibrant hommage à Nina Simone et d’autres morceaux classiques qui feront sens. Elle a invités Bruno Fontaine au piano, Noemi Weisfeld au chant et d’autres mais le reste du temps elle sera seule sur scène, ça risque d’être transcendant ! Elle est tout de même l’une des plus grandes violoncellistes au monde. Nous sommes si heureux qu’elle ait accepté de faire partie de cette programmation. Ce sera aussi pour elle une première : elle n’a jamais joué dans une salle de jazz comme le New Morning. Elle est ravie de faire résonner des compositions dans un lieu si emblématique du jazz et d’y laisser planer des notes encore inconnues au lieu.

Ben Sidran n’était pas passé en France depuis longtemps, comment êtes-vous entré en contact avec ce grand homme de jazz américain ?

C’est par l’intermédiaire de Stéphane Portet directeur du Sunset Sunside et avec qui nous collaborons régulièrement que nous sommes entrés en contact avec Ben Sidran. Ben est si emblématique d’un jazz inclassable du spoken word à la Woodie Allen, un génial pianiste qui a plus de 40 ans de carrière et que nous rêvions d’inviter. Merci Stéphane !

On retrouve Krakauer et Yom, pouvez vous nous parler des liens forts que Jazz & Klezmer a pu nouer avec ces artistes ?

Nous sommes en contact avec eux toute l’année, pas seulement lorsqu’ils jouent au festival. Il nous arrive de discuter de projets, d’échanger, c’est un vrai lien artistique et affectif que nous avons tissés ensemble au fil du temps.

Ils sont, tous les deux dans un style très différent, d’immenses clarinettistes klezmer, tous les deux sont des créateurs, des compositeurs, des rassembleurs. Nous avons de la chance de les avoir comme amis, ils sont devenus notre famille. Nous avons grandi avec et grâce à eux, et peut-être qu’eux aussi ont grandi à nos côtés. L’une des plus belles marque d’amitié est que tous les deux nous ont toujours proposé leurs créations : Krakauer Play Zorn, The Big Picture ou pour Yom Le Silence de l’Exode, les yiddish Cowboys…ce qui est une belle marque d’amour et de confiance !

Toute la programmation du Festival Jazz’n’Klezmer se retrouve par ici.

Visuel : (c) DR

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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