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Paris Photo 2015 : un cru loin d’être original mais toujours aussi savoureux

Paris Photo 2015 : un cru loin d’être original mais toujours aussi savoureux

12 novembre 2015 | PAR Hugo Saadi

Paris Photo, LE rendez-vous photographique de l’année a enfin ouvert ses portes dans la nef du Grand Palais. Toujours autant prisé et bien fréquenté, il semblerait que les bonnes surprises ne soient pas nombreuses, y retrouvant beaucoup d’artistes vus et revus les années précédentes. Mais le plaisir des yeux ne se boude pas. Compte-rendu et coups cœur.

Après avoir arpenté une dizaine de galeries depuis l’entrée du Grand Palais, notre esprit se sent rapidement américain. Le nombre de photographes d’outre-atlantique représentés étant assez conséquent, il était normal de faire un petit focus sur les US. Avec en premier lieu, le grand Stephen Shore à la galerie Spruth Mahers, il nous plonge directement dans les années 70 avec de belles photographies couleurs où les enseignes, panneaux publicitaires et voitures sont toujours au premier plan. Un peu plus loin, ce sont des scènes de la vie quotidienne que l’on découvre chez les photographes Joseph Sterling, Robert Frank et Helen Levitt à la galerie Stephen Daiter. On est davantage dans de la stree-photography et les portraits des passants son saisissants. Il en va de même pour Dave Heath à la galerie Stephen Burger. Un joli kaléidoscope de la photographie américaine. (photo ci-dessus en galerie de Stephen Shore,  Robert Frank et Lee Friedlander, Helen Levitt)

Mike Brodie

La liste est encore longue, mais elle est toujours autant talentueuse : Joel Meyerowitz (galerie Howard Greenberg), ou encore Lee Friedlander (galerie Thomas Zander). Les photos varient entre diner américains, grosses bagnoles et cadillac mythiques avec aussi bien des scènes de rues. Dans un autre registre, il ne faut pas oublier de mentionner le beau travail de Mike Brodie (galerie M+B), ce photographe vagabond qui capte à merveille les trajets des hobos. Bien entendu, Garry Winogrand, Vivian Maier et William Eggleston sont aussi du voyage. (photo ci-dessus de Mike Brodie)

sabine weiss

Pour ce qui est des scènes de vie à la française, on se tournera vers le travail de Sabine Weiss (exposée à la galerie Les Douches). Elle déambule dans les rues parisiennes des années 1950 et nous rapportent des instantanées épatants : jeunes enfants jouant dans la rue au promenade dominicale en passant par le porteur de cintres et le photographe de la Tour Eiffel. L’ensemble est émouvant. (photo ci-dessus)

jimmy nelson

Paris Photo c’est toujours l’opportunité de voir et revoir des clichés de photographes de renom. On y croise Sebastiao Salgado, Robert Mapplethorpe, Henri Cartier Bresson, Andy Warhol, Martin Parr, Jimmy Nelson, Irving Penn, Kati Horna, Liu Bolin, Gilles Caron, ou encore Brassaï. (photo ci-dessus de Jimmy Nelson)

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Du côté de la galerie Polka, on expose majoritairement son poulain, à savoir le duo français Yves Marchand et Romain Meffre, les grands explorateurs des lieux (abandonnés majoritairement, mais pas que). Toujours en très grand format, leurs photos nous plongent dans des espaces où l’immensité règne en maître laissant planer un mystère. Yves Klein est également bien présent. (photo ci-dessus de Meffre & Marchand)

Weather Man

Pour les coups de cœur de cette édition 2015 on se tournera dans un premier temps vers Evgenia Arbugaeva qui nous livre un reportage poignant : un météorologiste vivant seul depuis 13 ans dans une station de la toundra sibérienne. De sublimes photos à voir à la galerie In Camera. (photo ci-dessus)

Ambroise Tezenas

Ambroise Tezenas, à la galerie MelanieRio, nous transporte sur des lieux sinistrés où le tourisme a fait son nid : ruines de tremblements de terre en Chine, lieu exact de l’assassinat de JFK aux États-Unis ou encore le musée du génocide de Tuol Sleng au Cambodge. C’est bluffant et captivant. (photo ci-dessus)

Breder-Body-Sculpture-1973-5_0

Hans Breder à la Danziger Gallery. Il présente des corps dénudés comme échoués sur une plage, dans une forêt, sur un chemin de campagne. Mais ce qui intrigue le plus dans son travail, c’est sa volonté de déconstruire les corps en y insérant des miroirs entre les jambes, les bras, les démultipliant et ne laissant plus alors apparaître un seul corps bien distinct, mais plutôt des pieuvres humaines. (photo ci-dessus)

225919À la School Gallery Olivier Castaing, on retrouve comme l’année passée le trublion Sacha Golberger qui délivre une nouvelle série : Meet My Mum, toujours aussi décalée, mais poétique. Dans le même registre, le travail de Julie Blackmon (Robert Mann Gallery) intrigue par ces scènes inquiétantes aux abords d’une piscine, dans un jardin ou sur un parking et dans une maison où le temps semble suspendu et que quelque chose s’y prépare mêlant alors le drame au comique. De véritables planches de bandes-dessinées où les détails sont multiples, se cherchent et se savourent comme ce petit Fox qui sort sa tête d’une voiture en arrière plan … (photo ci-dessus de Julie Blackmon)

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Et enfin, à la galerie Magda Danysz, les photos de Maleonn sortent également de l’ordinaire, avec de belles mises en scène très cinématographiques. On se croirait tout droit sorti d’un jeu vidéo ou d’un film de science-fiction. Les couleurs, sombres et criardes à la fois, renforcent le côté étrange des compositions. On reste scotché face à des clichés qui questionnent.(photo ci-dessus)

Retrouvez toutes les galeries et les infos pratiques de Paris Photo sur le site officiel.

Infos pratiques

Manufacture des Abbesses
Théâtre de l’Atalante
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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