Electro
[Live report] Yan Wagner et les Black Strobe à la Gaîté Lyrique

[Live report] Yan Wagner et les Black Strobe à la Gaîté Lyrique

04 octobre 2013 | PAR Bastien Stisi

Vibrations numériques, deuxième round : après l’américain Jeff Mills mercredi, c’était hier soir au tour des français Wagner et Rebotini (et les Black Strobe) de venir faire résonner dans les travées de la Gaîté Lyrique et dans le cadre du festival d’Île-de-France le timbre robotisé des machines, juxtaposé ici aux émanations vocales des deux artistes.

IMG_0373Pour la dernière date parisienne de la tournée de présentation de son premier album (le très cohérent Forty Eight Hours), le petit prince de la synthpop made in France Yan Wagner pouvait difficilement rêver cadre plus idyllique qu’une confrontation à distance avec son mentor technoïde Rebotini, qui avait contribué à le lancer sur la scène électronique française il y a quelques mois de cela. Challenge réussi.

Entouré par deux compagnons de scène en charge des percussions et des synthés (dont l’émergeant La Mverte), le dj et chanteur parisien, exilé du côté de New York quelques mois durant pour les besoins de sa thèse, récite avec justesse et une expérience de plus en plus rodée du live les composantes de ses premières productions, de la mélancolie aérienne de « Changed » au synthétisme  bombeur de torse de « On Her Knees », des tonalités industrielles et vénéneuses de « Love Sick » aux envolées synthpop du tube « Forty Eight Hours », dont une partie du public se fera un plaisir de reprendre les paroles du refrain.

IMG_0497Pour Wagner comme pour la Gaîté, il est l’heure. L’heure d’offrir après un set calibré et le dévoilement d’un nouveau morceau (un effluve de son prochain album, peut-être ?) un salut mérité au jeune parisien et à sa voix de crooner 2.0, et de laisser la place à la fureur des guitares et des synthés d’Arnaud Rebotini et des Black Strobe.

Sur scène, quatre gaillards armés d’ornements classiques (guitare, synthé, batterie, table de mixage), et un chanteur qui impose très vite sa carrure de mastodonte et sa voix hyper masculinisée dans les tympans du public sur le costaud « Girl From the Bayou ». Costard deux pièces, chemise déboutonnée, chaîne en or venant recouvrir une pilosité corporelle affirmée, cheveux en arrière…mais plus d’épaisse moustache au-dessus de la lèvre supérieure pour l’homme Rebotini !

IMG_0786Stupéfaction pour la disparition de cette icône physique de l’artiste (même choc qu’après avoir vu Robert Pattinson dans la peau de Georges Duroy dans la peau de Bel Ami et sans sa moustache charismatique…), et basculement immédiat dans un état de transe absolu sous le timbre techno et pointilliste du classique « Italian Firefiles ».  De disco acide (« Chemical Sweet Girl ») à hard rock électronisé (« Shining Bright Star »), de blues salasse confectionné dans l’humidité de la Nouvelle Orléans (« Girl From the Bayou ») à sudations sexuées sous forme de boogie 2.0 (« Boogie In Zero Gravity »), le show Rebotini, plus mâle et vitaminé que jamais, atteindra son paroxysme sensoriel et orgiaque au cours de la déjection de testostérones occasionnée par les guitares alourdies du fétiche « I’m a Man » (« spell : M.A.N. ! »), qui viendra achever dans une terminaison superbe et à rallonge la performance de l’homme le plus imposant de la scène électronique française.

Sensation de passer pour une fillette en-dessous de la majorité légale pour le public garçon de la Gaîté en comparaison du charisme préhistorique d’Arnaud Rebotini, et grosse ovation pour les quatre Black Strobe, en pleine élaboration d’un nouvel album qui devrait voir le jour début 2014.

Pour la continuation des réjouissances musicales liées au festival d’Île-de-France, il vous suffit de jeter un coup d’oeil sur le site officiel du festival, tout en se souvenant bien que le gourou Sébastien Tellier viendra présenter son tout dernier album studio (Confessions) au public de la Cigale le 12 octobre prochain.

Visuels : © Frankie & Nikki

Une Lucrèce Borgia de cinéma avec Marina Hands, à l’Athénée
Jour 1, Dinard : Un esprit britannique sur la côte française
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *