Electro
[Interview] Yan Wagner, la Lunch Beat, et l’électro à la pause déjeuner

[Interview] Yan Wagner, la Lunch Beat, et l’électro à la pause déjeuner

26 septembre 2013 | PAR Bastien Stisi

lunchbeat_fbDistribution à la volée de sandwichs à la viande de renne (sic) et de bouteilles d’eau plate (sans vodka camouflée dedans), une grosse centaine de privilégiés regroupés à la pause-déjeuner (de 13 à 14), et des enceintes prêtes à faire résonner dans la station d’inhabituelles sonorités : lancée en 2010 du côté de Stockholm et exportée jusqu’alors dans la capitale parisienne au sein de l’Institut suédois du Marais (forcément), la Lunch Beat empruntait pour la première fois cet après-midi et dans le cadre du festival d’Île-de-France les voies du métro aérien et de la station Quai de la Gare. En guise de gourmet électronique : le dj français Yan Wagner, prêt à partager à nos côtés un café écourté et ses impressions sur un set sur le point de mélanger une tracklist techno / disco avec quelques compositions issues de son premier album studio…

La Lunch Beat, que ce soit en tant que spectateur ou en tant qu’ acteur, est-ce que c’est un concept que tu avais déjà testé auparavant ?

Yan Wagner : Honnêtement, je ne connaissais pas du tout, mais je trouve que c’est une très bonne idée. Bien sûr, c’est un créneau assez bizarre et il est assez rare de jouer à l’heure du déjeuner, mais c’est un concept qui a visiblement bien marché, la date était complète assez tôt. Et puis bon, mixer en-dessous du métro aérien : c’est sans doute l’un des endroits les plus originaux dans lequel j’ai été amené à jouer jusqu’alors !

Qu’est-ce qui change dans l’élaboration d’un set aussi particulier ?

Yan Wagner : Pas mal de choses, forcément, mais j’essaye de toute manière toujours de m’adapter au lieu avant de préparer un set : il y a des morceaux que je vais toujours jouer, d’autres que j’utilise selon les circonstances. En fonction du public, j’essaye de rendre ça très cool, ou au contraire plus énervé. Là, vu que le set est limité à 1 heure, ce qui est très court, je vais essayer de les choper tout de suite. Et s’ils pouvaient rendre leur petit déjeuner, ça serait pas mal !

Est-ce perturbant de voir le visage et la silhouette des gens quand ils dansent sur ta musique ?

Yan Wagner : Oui, c’est très étrange au début, mais lorsque le set se passe bien, ça devient rapidement très positif, comme dans les festivals que j’ai pu faire cet été qui se déroulaient parfois en plein jour.

Jusqu’à présent, la Lunch Beat était toujours organisée du côté de l’Institut Suédois, dans le Marais. Mais pour le coup, je trouve que l’ambiance du métro aérien colle bien mieux avec ta musique : à l’image de ton premier album, le lieu est à la fois aéré et en même temps viscéralement urbain…

Yan Wagner : La formule me plaît bien, tu peux la garder !

Toi qui est particulièrement familiarisé avec la scène électro new yorkaise (ndlr : Yan Wagner a commencé une thèse en histoire au sujet de l’évolution des discothèques parisiennes et new yorkaises), le concept du « set au déjeuner » est-il une initiative que l’on retrouve aussi de l’autre côté de l’Atlantique ?

Yan Wagner : Une démarche identique, je ne sais pas vraiment, mais il est vrai que les new yorkais sont très forts pour la mise en place de parties de ce genre, sur les toits des immeubles, et finalement un peu n’importe où ! Je suppose que c’est un concept qui fonctionnerait très bien à Berlin aussi.

Après les dessous du métro, il y aura le dedans de la Gaîté Lyrique (toujours dans le cadre du festival d’Île-de-France), et le concert du 3 octobre aux côtés des Black Strobe et de ton « parrain technoïde » Arnaud Rebotini

Yan Wagner : C’est une date très importante pour moi, dans la mesure où le 3 octobre sera la dernière date à Paris de la tournée du premier album (Forty Eight Hours). La première que l’on a fait au Nouveau Casino en mars dernier s’est très bien passée, d’autant plus que le live commence à devenir bien rôdé grâce à notre tournée d’été.

Ton premier album est sorti il y a maintenant une année, et tu multiplies depuis les dates un peu partout en France…Les morceaux de Forty Eight Hours ne commencent-ils pas à te lasser ?

Yan Wagner : Pas encore de lassitude non, dans la mesure où je suis désormais quasiment toujours entouré de musiciens sur scène, ce qui permet aux morceaux de vivre à chaque fois d’une manière différente…Après, c’est vrai qu’il est aussi important de se renouveler, et c’est pour ça que je commence à préparer sérieusement un deuxième album, dont l’ébauche générale est déjà bien avancée !

Bon, et la thèse dans tout ça ?

Yan Wagner : La thèse est en sommeil ! Même si j’adore l’histoire et que je suis passionné par mon sujet et par l’histoire des clubs, il est très difficile de concilier la musique et la recherche ! La recherche c’est vraiment un boulot à temps plein, au moins autant que la musique !

https://soundcloud.com/briceb/yan-wagner-changed

Visuel : (c) affiche de la Lunch Beat

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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