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[Live report] Un WEATHER au beau fixe !

[Live report] Un WEATHER au beau fixe !

13 septembre 2015 | PAR Kalindi Ramphul

Samedi soir avait lieu, porte de la Villette, une nouvelle édition du Weather Summer Festival, événement électro majeur de cette rentrée ! Si beaucoup doutaient de sa qualité potentielle, en raison d’un line-up qualifié de « décevant », le tout Paris avait pourtant l’air de s’y être donné rendez-vous. Que les sceptiques regrettent leur abstention, car le Weather fût certes humide mais bien enivrant. Point trop de déception tout de même : musique, ambiance et transpiration, Toute La Culture vous fait revivre un peu de la soirée. 

Le Weather,festival de musique électronique créé en 2013, s’est ouvert samedi sous une pluie torrentielle. Alors oui, il en fallait du courage, hier matin, pour se tirer du lit et mettre un pied dans ce qui ressemblait plus à une pataugeoire boueuse qu’à une scène de concert en plein air, mais personne n’a eu l’air de regretter le déplacement. Le festival a commencé à midi et, ô miracle, de queue il n’y avait presque pas. Le temps ayant refroidi plus d’un gaillard, l’entrée s’est faite avec discipline et surtout rapidité. L’événement s’articulait principalement autour de deux salles couvertes immenses qui allaient abriter les prestations musicales les plus importantes, mais aussi autour d’un espace extérieur qui allait accueillir la célèbre scène chill-out mobile du Camion Bazar. Quelle ne fût pas notre surprise en constatant que tout avait été pensé avec un seul mot d’ordre « Organisation ». Des dizaines de bancs nous attendaient dehors, des bouées tout à fait appropriées en temps de pluie diluviennes recouvraient l’immense pédiluve qu’était devenue la scène extérieure, et  des foodtrucks s’étalaient un peu partout pour sustenter les goinfres de fin de soirée. Tout était réunis pour que la soirée soit parfaite. Mais au fil des conversations se dessinait un scepticisme certain : beaucoup étaient déçus par la programmation musicale. En effet, contrairement aux deux précédentes éditions, pas de Ricardo Villalobos ni de Laurent Garnier de prévus mais des artistes un peu moins célèbres. Tout le monde attendait donc avec impatience les sets de Carl Craig et de Dave Clark, les deux artistes les plus connus de cette édition.

Chris Carrier, icône underground, dj parisien plutôt discret et surtout humble (qualité plutôt rare dans le milieu) a ouvert le bal électro aux alentours de midi pour un set de 2h30 auquel seuls les plus téméraires ont assisté, le monde ayant réellement commencé à affluer en fin de journée. L’artiste, qui qualifie lui-même sa musique de « house dark hypnotic » nous a présenté un bijoux aux accents métallisés. Entre house et techno, il propose une musique définitivement éclectique. Il n’est pas seulement un pilier de l’électro française mais aussi un des producteurs les plus prolifiques de sa génération et a mixé un peu partout dans le monde : Ibiza, Las Vegas, Miami, New-York etc.

Dès que l’artiste s’est mis aux platines, c’est tout doucement que les festivaliers ont commencé à onduler au rythme du son. Question style, Outre le mini-short en jean délavé, le t-shirt de chearleader et les inconditionnels baskets blanches de la marque en A qui semblent désormais être de rigueur dans toutes les soirées electro de notre capitale, on assiste depuis quelques temps à un engouement pour les déguisements/peluches. On a donc eu la chance de croiser une jeune femme-lion, un jeune homme ours et ses amis dalmatiens, mais force est de constater que cette année est bien celle de la licorne! On notera, par ailleurs, la présence du chapelier fou, d’Edouard aux mains d’argent, de moult clowns et de gentils messieurs torses nus, toute musculature huilée au vent. Bref, une population bien éclectique! Mais surtout, clou du spectacle, l’ancien ministre de la culture, Jack Lang, qui nous a fait l’honneur d’une petite visite surprise. L’homme politique s’est, bien entendu, prêté au jeu de la photo.

La scène 1 a ouvert à 18h avec UVB, un DJ marseillais désormais installé à Berlin, LA ville de l’électro. Tout le monde semblait alors s’être donné le mot pour se ruer à l’intérieur afin de trouver un peu de chaleur et de sécher ses baskets neuves. UVB a fait danser notre petite population de Weather-addicts pendant 3h, au son d’une électro plutôt sombre et rapide avant que ceux-ci ne courent vers la salle 2 à 22h pour aller écouter Lazare Hoche. Le DJ français n’est pas des plus connus et aurait pourtant tout le mérite de l’être. L’artiste n’a pas attendu que l’on s’intéresse à lui pour promouvoir sa musique. Il a en effet, créé son propre label de musique électronique, grâce auquel il s’est fait connaître, et tente désormais de lancer de jeunes musiciens talentueux. Si tout le monde ne le connaissait pas, les « Mais nooon, tellement ça envoi du lourd » ou encore les « ça déboite » en pagaille témoignaient d’un contentement certain. Une énergie alors positive semblait circuler dans la salle et imprégnait les corps. Certains nous ont même fait la démonstration de leurs plus belles chorégraphies. Michael Jackson peut maintenant reposer en paix, la relève est assurée. Gestes frénétiques, déhanchements rapides et même mains à la braguette (pas forcément la sienne d’ailleurs), la salle s’est transformée en un temple merveilleux de danses rocambolesques. Une ambiance définitivement électrique et certainement chaleureuse. Alors oui, ça se bouscule un peu parfois mais sans trop d’agressivité. Les licornes ont dû user de leur poudre de perlimpinpin !

Coté musique, on retiendra surtout deux artistes : Dave Clarke et Carl Craig, qui ont déchaîné les passions en fin de soirée. Le soleil s’est levé sur l’électro diabolique d’un Carl Craig en grande forme. Le DJ américain fait partie des artistes influents de l’électro de Détroit et s’est vu connaître de par le monde grâce à une musique puissante et très rythmée. Quant au très attendu Dave Clark, créateur de Red 2, hymne incontournable de l’électro moderne et connu pour ses remix de Moby, il a remporter un succès moindre. Probablement à cause de problèmes techniques, le son était moins fort et les lumières quasi-aveuglantes. Le set a donc déçu plus d’un fan.

Epuisés mais résistants, nos festivaliers sont restés jusqu’au bout. Si certains dormaient littéralement en plein milieu de la salle, beaucoup avaient fini par trouver refuge dans des coins et recoins pour profiter des derniers moments dans le calme. Chacun a donc fini sa soirée comme il l’entendait, sans que personne ne vienne l’embêter. Un paradis de paix !

Après 20 heures de discussions, de danse et surtout de transe, beaucoup de jeunes gens ont pris la direction du métro quand les plus courageux ont embarqué dans un bus pour la Concrete, temple de l’électro parisienne, pour quelques heures d’un rêve prolongé. Si le temps était bien maussade, ce matin, c’est tout « weatheureux » que nos festivaliers sont rentrés chez eux, des lumières plein les yeux.

Visuels : ©DR

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