Electro
[Live report] Superpoze à la Maroquinerie

[Live report] Superpoze à la Maroquinerie

06 mai 2015 | PAR Bastien Stisi

Depuis la persistance d’une petite hype menant depuis trois années la fusion (habile) de l’electronica sensorielle et de la house punchy, et surtout depuis une collaboration ayant regroupé le temps d’un EP leurs six paires de doigts, on a tendance à associer et à regarder à travers un prisme commun les parcours des jeunes DJ français Superpoze, Fakear et Thylacine. Loin d’être le plus médiatique (mais sans doute pas le moins talentueux), le premier nommé présentait hier soir son premier album Opening devant une Maroquinerie dont la jauge affichait « complet ».

Et c’est agréable, de retrouver Superpoze sur le devant de la scène. Car s’il a débuté avant ses deux jeunes compères (son premier EP From the Cold date de 2012), ses deux dernières années ont plutôt démontré l’ascendance de Fakear (le tapeur de pads) et de Thylacine (le jazzman bakermaté), vecteurs comme lui d’une électro carnet de voyage et dont les noms apparaissent à n’en plus finir dans les listes à rallonge des programmations printanières et estivales (« squatteur de festival », comme le résumait et l’assumait justement sur son compte Twitter le premier nommé).

Si le nom du jeune Caennais (comme Fakear, qu’il connaît depuis très longtemps) se fait pour sa part largement plus rare, c’est sans doute parce qu’il planchait depuis un moment (depuis les soirées Animals à la Flèche d’Or, en fait) sur ce premier album tout juste paru sur le label normand Combien Mille Records, et dont la Maroquinerie aura pu apprécier hier la plupart des éléments interprétés avec une belle énergie et une belle sobriété (« North », « Unlive », « Home Is Where I Am »…) S’il se fait plus rare, c’est sûrement aussi (ceci n’est pas la version officielle) parce que l’electronica de Superpoze, capable de zieuter autant vers le trip hop bristolien que vers les symphonies glassiennes s’avère la moins évidente des trois, et donc la moins facilement exportable auprès d’un (très) grand public à la recherche d’extase sans trop de stimulation préalable (la patiente est une idée qui tend à s’effacer des consciences).

Moins frontale, plus alambiquée, plus nuancée, l’éléctro chill, planante et curieusement tribale de Superpoze propose un vol moins mouvementé que celui de ses deux copains manieurs de samples (lui s’en sert de trois sur scène) mais qui fait arriver tout le monde à bon port. Scénographie minimale, revisite d’hier agréable (« The Iceland Sound »), pas de rappel (c’est toujours appréciable), remerciement cordial, applaudissements des cordes vocales.

Les médias les mettent sans cesse en relation, alors on est un peu obligé de les mettre en concurrence (bon, c’est pas la guerre non plus : Fakear passait un peu de musique dans le restaurant de la Maroquinerie juste après le concert du pote Superpoze…) Il n’empêche que pour l’heure, et à la vue du live sobre, minutieux et intelligent proposé hier soir, c’est bien Superpoze le meilleur.

Visuel : (c) MB

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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