Electro

Le « Garden of Love » sublimé de Scratch Massive à la Gaité Lyrique

Le « Garden of Love » sublimé de Scratch Massive à la Gaité Lyrique

08 mars 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Maud Geffray et Sébastien Chenut, dos à dos, ont dans les lasers enveloppants de leur scénographie retourné une Gaité au bord de l’explosion. Parfait.

 

Le duo de DJs est connu des services depuis longtemps. Certains hier en bons historiens du son rappelaient qu’ils jouaient déjà dans la cave du Pulp il y a vingt ans. Aujourd’hui, et quelques mois après la sortie du métallique et généreux Garden of Love, et surtout toujours marqués par la bande originale de Day Out Of The Days de Zoé Cassavetes, nous sommes prêts à voir comment en live, l’album se mue.

Portés par une lumière très léchée pensée par la light designer Leslie Desvignes qui les fait disparaître dans une brume fantomatique, il et elle ne font qu’un sans jamais ni se toucher, ni se regarder. Dos à dos donc, chacun ayant devant lui ses propres machines composées de synthés et d’ordinateurs. 

Dans un concert qui ne choisit pas entre la salle et le club, le jardin s’ouvre avec une version très augmentée de « Last Dance », le morceau reviendra tout à la fin d’ailleurs. On réécoute complètement les titres, au point d’être troublés. Ils, comme ils savent si bien le faire, mêlent  house, ambiant, new wave, dream pop, house.  Les basses de « Fantôme X » (le track vient de faire l’objet d’un ep de remixes en 2019) sont très déployées. Sur « Chute libre » la techno devient glaciale, mélancolique mais toujours lumineuse. 

Plus le concert avance, plus la sensation de glisser dans une rave avance.  L’interprétation de  « Dancer in the dark » permet de sombrer encore plus au fond. La voix de Maud est déployée dans des effets de cathédrale. L’ambiance y est celle de la communion, public face aux artistes. En interview, Maud Geffray nous avait glissé, quelques jours avant son concert au Musée Cernuschi, lors du Paris Musée Off conçu par Toute La Culture, « Au final, c’est un ping pong permanent, difficile de s’assigner des rôles, si ce n’est peut être que l’on utilise de plus en plus ma voix chez Scratch Massive, oui c’est peut être une nouvelle fonction, ma fonction vocale au sein du groupe ». Et tout au long du set, elle chantera. 

Les références sont nombreuses dans leur jeu. Jarre, Glass (que Maud Geffray jouait avec Lavinia Meijer en 2017), mais aussi toutes les basses de Garnier ou Rebotini. La reprise ( très attendue) de « Paris » est ici vraiment tournée vers le dancefloor, et on ne se prive pas. « Waiting for a sign » (à l’origine en featuring avec Koudlam) achèvera de nous libérer.  La suite ne sera qu’une explosion maîtrisée.

Scratch Massive a prouvé en live que la techno savait être puissante sans être violente. 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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