Danse

« Fix Me », Alban Richard met Arnaud Rebotini sur la scène de Chaillot

« Fix Me », Alban Richard met Arnaud Rebotini sur la scène de Chaillot

30 janvier 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

C’est l’événement people de la rentrée 2019. L’immense DJ qui a écrit la bande son de 120 battements et qui mixera le 14 au Bal Paramour du Fonds de dotation Link à la Mairie de Paris s’amuse à jouer sur un plateau très éloigné des clubs techno.

 

Alban Richard est chorégraphe et directeur du Centre Chorégraphique National de Caen. Cet été, à Avignon, il présentait dans La Parenthèse le déjà très rythmé et binaire Vivace. Le beat techno l’intéresse donc à raison. Pour Fix Me, il inverse le jeu chorégraphique. Ce que vous voyez n’est pas ce que vous entendez pour le dire simplement.

Tout ramène au dance-floor ici. Les podiums sont des amas de plaques de cartons que Aina Alegre, Mélanie Cholet, Max Fossati et Asha Thomas manipulent et empilent pour grimper dessus. La danse est individuelle et les costumes sont ceux des clubbeurs. Tee-Shirt long à paillettes en haut, chaussettes jaunes en résille sur baskets en bas pour Aina par exemple. Chacun pour soi et loin du sol. 

Au commencement le plus grand des DJ, cheveux toujours gominés, moustache léchée et costume trois pièces est à égalité, en avant scène, au milieu de la ligne des danseurs. Mais ça ne va pas durer. Il entre au royaume, au cœur de ses machines et synthés et démonte le son. Symphonie electro aux nappes bouclées qui se parent de montées qui vous capturent jusqu’au climax :  un morceau chanté live de la voix sombre de Rebotini qui nous rend tous addicts, à lui, à sa musique, à son timbre. Il est au dessus et semble diriger les corps. 

Nous avons tort. Les seuls corps possédés sont ceux des spectateurs, car les danseurs eux sont coupés du monde. Ils ont dans leurs oreilles des prêches évangéliques,  du rap… Des mots et de la violence en totale opposition avec le set du DJ qui est une invitation à danser en rythme, certes, mais avec douceur.

Toute la chorégraphie est agressive. Le haut du corps est très sollicité et les mains se jettent vers nous. Il y a des références au voguing, au Waacking et aux danses des drags queen dans les attitudes qui déhanchent fortement. Evidemment il y a un décalage qui se pose puisqu’ils ne sont pas dans le tempo. Ils deviennent alors comme des marionnettes désarticulées dont Rebotini semble tenir les ficelles.

Alban Richard convoque des images de manifestations, et va jusqu’à lever les drapeaux dans les fumigènes qui rappellent la rue. La pièce a été créée en octobre au Cargo de Caen juste avant que la colère éclate. Ce qui éclate ici en revanche, c’est bien le talent de Asha Thomas à la danse particulièrement énervée. A suivre de prés.

 

Fix Me est à voir à Chaillot jusqu’au 2 fevrier. Ce soir et vendredi à 19H45, jeudi à 20H30 et samedi à 15H30

 

Visuel: © Agathe Poupeney

 

 

Infos pratiques

Théatre Gérard Philipe
Comédie saint michel
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