Danse

« Fix Me » d’Alban Richard, un mouvement de soulèvement sur la musique live d’Arnaud Rebotini

« Fix Me » d’Alban Richard, un mouvement de soulèvement sur la musique live d’Arnaud Rebotini

24 octobre 2018 | PAR Lisa Bourzeix

C’est au Cargo de Caen qu’ont eu lieu les deux premières représentations de « Fix Me », la nouvelle création d’Alban Richard, chorégraphe et directeur du Centre Chorégraphique National de Caen. Une immersion dans un univers où les corps prennent le relais sur les mots sur fond de musique live d’Arnaud Rebotini. 

Le matériau est simple mais les variations, elles, sont infinies. Cinq podiums faits de plaques de carton épaisses recouvrent la scène. Les discours et prises de parole sont pris dans un dispositif sonore qui donne la sensation que les voix de ces femmes sont juste au creux de nos oreilles. Un à un les interprètes font leur entrée et investissent ces scènes de carton qui, par leur sobriété, font rupture avec des costumes qui ne passent pas inaperçus. Short léopard, combinaison à paillettes, veste à sequins, le cadre est posé. Chacun s’adonne à une danse qui lui est propre, ils sont ensemble mais ne se rencontrent pas. Dans leurs oreillettes prêches évangéliques, chansons de rap s’affrontent. Eux luttent contre ces mots, étrangers à la musique de Rebotini. Arrivent ensuite les premières transformations du plateau, le jeu sur les volumes et les profondeurs permet donner de la dimension à la danse qui sera présente et puissante pendant une heure. Arnaud Rebotini prend place sur son perchoir jonché du matériel qui va lui permettre de donner corps à cette danse dont l’intensité grandit progressivement.

Une symphonie électro retentit et c’est dans une gestuelle singulière que les interprètes se lancent, des corps qui parlent et qui sont poussés jusqu’à l’épuisement. C’est alors que tout se dérègle. Jusqu’au climax. Quand le silence se fait entendre, la danse, elle, ne s’arrête pas et l’ambiance rappelle celle d’une soirée qui déraille que Gaspard Noé aurait filmée. C’est d’ailleurs dans une scène de chaos que des drapeaux noirs sont hissés au milieu des fumigènes. Les jeux de lumière de Jan Fedinger ne sont pas étrangers à cette ambiance bien particulière. C’est une Marianne des temps modernes qui apparaît et se met en mouvement pour nous donner à voir un solo percutant. La fin approche et la seconde interprète féminine foule le sol d’une manière humble et pour la première fois, en contact direct avec le plateau. Elle s’efface et laisse place à la présence imposante mais sensible d’Arnaud Rebotini dont le talent prend alors possession du plateau, de salle et des oreilles de chaque spectateur. Et tout d’un coup tout s’arrête, comme si le souffle nous était coupé.

Dates de tournée :

  • 21 novembre : Espace des arts, scène nationale, Chalon-sur-Saône – Festival Instances à 21h00
  • 28 novembre : Scène nationale d’Orléans à 20h30
  • 11 janvier : manège, scène nationale-reims à 19h30
  • 12 janvier : manège, scène nationale-reims à 18h30
  • 17 janvier : La Manufacture – CDCN Bordeaux Nouvelle-Aquitaine à 20h00
  • 29 janvier : Chaillot – Théâtre national de la Danse, Paris à 19h45
  • 30 janvier : Chaillot – Théâtre national de la Danse, Paris à 19h45
  • 31 janvier : Chaillot – Théâtre national de la Danse, Paris à 20h30
  • 01 février : Chaillot – Théâtre national de la Danse, Paris à19h45
  • 02 février : Chaillot – Théâtre national de la Danse, Paris à 15h30
  • 26 mars : Opéra de Rouen Normandie à 20h00
  • 02 avril : Le Volcan, scène nationale du Havre à 20h30
  • 06 avril : Théâtre Louis Aragon, scène conventionnée danse, Tremblay-en-France à 19h00
  • 19 avril : Maison de la Musique de Nanterre à 20h30
  • 14 juin : Le Quai, CNDC Angers à 20h00

Visuels : © Agathe Poupeney © Lisa Bourzeix

Jômon, à la source de l’art japonais
L’Orchestre de Paris fait entendre un Programme Hongrois, avec Peter Eötvös et Bartok, à la Philharmonie (24/10/2018)
Lisa Bourzeix

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *