Classique

L’Orchestre de Paris fait entendre un Programme Hongrois, avec Peter Eötvös et Bartok, à la Philharmonie (24/10/2018)

L’Orchestre de Paris fait entendre un Programme Hongrois, avec Peter Eötvös et Bartok, à la Philharmonie (24/10/2018)

25 octobre 2018 | PAR La Rédaction

Nous étions à la Philharmonie de Paris pour entendre deux œuvres contemporaines du compositeur franco hongrois Peter Eötvös, sous sa direction, suivi d’un programme Bartók par l’Orchestre de Paris.

Quel merveilleux travail de la matière sonore se doit on d’acclamer en sortant d’une écoute d’œuvres de Peter Eötvös. Oui, ces vagues orchestrales, ces stéréos de percussions, ces Col Legno soudains, cette batterie complète de sourdines pour cuivres, ces glissandi de violons, ces quarts de tons, cette harpe désaccordée et cette métrique complexe poussent à l’admiration. Du moins pour le musicien que je suis.

En sera-t-il autant pour le néophyte, celui qui entend un orchestre pour la première fois ? Celui qui vient de découvrir Mozart ou Brahms n’a t’il donc pas le droit d’assister à ce concert ? Serait-il réservé à une poignée d’initiés ayant fait des années de solfège ou reçu un premier prix de conservatoire ? C’est une question que l’on se pose souvent en sortant de l’écoute de ce genre d’œuvre. La recherche a tout prix, la destruction de la tonalité, les couleurs audacieuses c’est magnifique, cela fait partie de l’écriture. Mais est-il pour autant facile d’ abandonner, au profit de cette maîtrise, toute notion de mélodie, de rythme, d’harmonie, de tout ce qui rend la musique « agréable » dansante, mémorisable ?

Le violon solo de Patricia Kopatchinskaja, qui déploie une énergie des plus communicatives pour lancer ces phrases sans débuts ni fins est écrasé, noyé dans un brouhaha incessant d’effets tous plus surprenants les uns que les autres, mais qui ne nous laissent pas le temps d’apprécier le talent de la jeune violoniste. Seul un beau moment solo avec l’alto de l’orchestre nous permettra d’entendre son magnifique son. Puis deux rappels à deux violons (de Bartók!)

Si il y a quelqu’un qui a su allier le mélange de populaire et de savant, c’est bien Béla Bartók. Deux œuvres éloignés dans le temps étaient présentées ce soir :

La suite (récemment reconstituée) du ballet le prince de bois et les très célèbres suite de danses. Bartók : voilà peut être la solution à une écriture savante, audacieuse, folle, mais toujours accessible car le thème est au cœur de tout. L’orchestration, la métrique pourtant si complexe, est au service d’une seule chose : la mélodie.

L’Orchestre de Paris était à son meilleur avec ses bois prodigieux et le charisme sans faille de Philippe Aïche à la tête des violons.

On les sentait vouloir donner plus d’énergie face à un Peter Eötvös qui avait parfois du mal à tenir son orchestre, avec un manque d’énergie évident, enlevant toute fête à cette musique pourtant si gaie pour, semble-t-il, l’intellectualiser à outrance. La mélodie, rien que la mélodie disait Mozart…

Vladimir

visuel : Andrea Falvegi

« Fix Me » d’Alban Richard, un mouvement de soulèvement sur la musique live d’Arnaud Rebotini
Gautier Capuçon et les élèves de sa classe d’excellence accueillent le public à la fondation Louis Vuitton
La Rédaction

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *