LA SÉLECTION POP-ROCK-INDÉ-ELECTRO-RAP D’OCTOBRE

24 octobre 2018 Par
La Rédaction
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Chaque mois, la rédaction musique de Toute La Culture.com fait le tri parmi ses coups de cœur « pop ». Place à la musique du peuple ici, où les guitares croisent autant les pads que les violons. Enjoy!

Tom Morello – The Atlas Underground – Mom + Pop Music 

Mais d’où vient cette guitare vengeresse à la croisée du rap, du speed metal et du punk ? Tom Morelleo co-fondateur de Rage Against the Machine n’a rien perdu, n’a rien lâché. Pour The Atlas Underground son premier album solo il convoque plusieurs stars du hip-hop et de l’électro – dont Big Boi (OutKast), RZA (Wu-Tang Clan), Steve Aoki ou Leikeli47 (ci-dessous) pour un résultat explosif. En juillet dernier il décrivait le projet au micro de Lars Ulrich, batteur de Metallica, dans It’s Electric! et plaçait l’ambition très haut « Je voulais faire un album qui sonne comme celui qu’aurait fait Jimi Hendrix aujourd’hui […] avec mes chanteurs et rappeurs préférés ». La rage est intacte, salutaire et jamais désespérée. Elle prolifère au contact de ces rencontres nouvelles, comme autant d’hymnes des révoltes à venir.

(Vincent Fournout)

Agar Agar, The Dog and the Future

Cela fait maintenant  plus de deux ans qu’on les connait et « Prettiest Virgin » reste un tube indéniable. Le duo signe enfin son premier album. Clara Cappagli est toujours à la voix grave à mort et Armand Bultheel aux pads glacés. Ici, les inspirations étonnent. Il y a toujours ce renouveau 80 ( Lost Dog) mais on découvre un double penchant à la fois jazz et baroque insoupçonné, dans « Requiem » par exemple. Des incursions dans des chansons, pour « Gigi song » et « Shivers », n’enlèvent pas la sensation d’un ensemble qui reste très techno et se danse en faisant la gueule mais en étant heureux du début à la fin. Sans aucun doute l’un des meilleurs albums electro-pop de l’automne.Rien à jeter ici. Sortez les chiens, aboyez fort, Agar Agar n’est pas un phénomène éphémère. Ils seront le 6 décembre  à l’Olympia.

(Amélie Blaustein Niddam)

 Wanderer — Cat Power — Domino Records

Enfin un nouvel album de celle que l’on avait abandonnée en 2012 avec le flamboyant «Sun» Enfin un retour aux fondamentaux – entre le «Moonpix» de 1998 et «You are free» de 2003. Entretemps, Chan Marshall est devenue maman ce qui explique peut-être pourquoi elle chante avec Lana Del Rey des chansons qu’elle appelle «Mother». Entretemps, Cat Power a perdu sa maison de disques qui voulait sans soute qu’elle joue et produise comme Adèle. Pas possible, impossible. La chanteuse est revenue se lover dans le cœur de son gracieux talent («Nothing really matters»), offrant un disque qui n’écoute personne et persiste à être et être encore. D’accord, tout n’est pas fantastique mais « Wanderer » contient suffisamment de grands moments pour ne rien oublier et repartir en ballades, blues et folk transportés jusqu’à notre époque, intègre et parfaitement originale.


(Antoine Couder)

Scylla rappe depuis la Pleine Lune sur le piano de Sofiane Pamart – Urban Pias

Le rappeur belge Scylla signe une collaboration avec le pianiste Sofiane Pamart pour son 3e projet, Pleine Lune. La combinaison piano-voix permet de faire résonner ses paroles et d’entendre sa poésie sur 12 titres. Une vraie douceur !

Ce projet pourra parler à un public plus large que la cible rap habituelle. Son écriture est si intimiste qu’on ne comprend pas toujours où il veut en venir… Mais cela n’empêche pas d’apprécier pour autant la beauté de la plume. Tirant son pseudo du monstre mythologique, il reste fasciné par le monde marin, mais il lève la tête le temps d’un album pour s’immerger dans les étoiles. Ses textes sont aussi mystiques que profondément humain. Dommage toutefois que beaucoup de morceaux se ressemblent, dû à une intégralité de (très belles) mélodies 100 % piano. L’excellent titre Clope sur la Lune se détache de l’album grâce à la complémentarité du rappeur Isha. « Je voulais fumer une clope, on m’a dit « tu manques pas d’air ». J’ai dû me contenter du lampadaire. »


(Mathieu Michel)

Julien Clerc – Anthologie – Warner (Parlophone)

A l’occasion de ses 50 ans de carrière, Julien Clerc est en tournée dans toute la France mais il souhaitait aussi les célébrer avec un coffret d’anthologie. Ce coffret regroupe ses 23 premiers albums studio mais également des inédits, des titres singles « hors album » et bien d’autres surprises pour les fans de l’artiste. Ce coffret, qui sort le 19 octobre, sera également accompagné d’un livret de 230 pages regroupant notamment les paroles des chansons et des photos attentivement choisies. « Femmes, je vous aime », « Si on chantait », « La jupe en laine » , « Danses-y », « Ma préférence », « Double enfance », « Mélissa » … préparez vous à fredonner et à traverser un demi siècle de chanson française avec Julien Clerc.

(Sarah Dray)

Scratch Massive, Garden Of Love

Vous êtes fans depuis au moins 2011 et « Paris », moment où Maud Geffray et Sébastien Chenut qui officient ensemble depuis le début du millénaire sont devenus ce qu’on appelle des gens « connus », vous continuerez avec Garden Of Love. Tout commence avec «Last Dance» , comme un slow pop synthétique. On imagine bien les robots de Blade Runer devenir humains là-dessus. Et si la transformation n’est pas finie, elle le sera sur « Sunken ».
La tessiture est plutôt sombre, dans une cold wave version 2018 très palpable sur le très bon « Fantome X ». Comme chez Agar Agar dont nous vous parlons également dans cette sélection, les accès symphoniques sont nombreux en nappe (« Dancer in The Dark »), et les voix sont crépusculaires. Mais on dansera tout de même, et pas que des slows, sur un titre plus speed comme « Chute Libre » où là encore le synthé sonne rétro.
Un album court et efficace de 49 minutes, qui enveloppe complètement.

(Amélie Blaustein Niddam)

SCRATCH MASSIVE Garden Of Love chez bORDEL le 26 octobre