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Éric Reinhardt et Maud Geffray, lecture electrique à la Maison de la Poesie

Éric Reinhardt et Maud Geffray, lecture electrique à la Maison de la Poesie

23 mai 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Il y avait comme un (petit) air de monde d’avant hier à la Maison de la Poésie. Le temps était doux, les palissades ne sont plus là et dans une salle pleine ( à 35%), le romancier et la Dj ont lu chacun dans leurs mots.

Reinhardt a déjà mis en musique l’un de ses romans, c’était l’Amour et les forêts déjà à la Maison de la Poésie puis au Musée Calvet. Il était alors accompagné des garçons de Feu! Chatterton pour un concert littéraire qui a marqué les esprits. Six ans plus tard, il avait envie de retenter l’expérience autour de Comédies Françaises, son dernier et excellent roman, mais son désir était de faire une lecture électronique.

Et c’est donc Maud Geffray, musicienne très plurielle et moitié de Scratch Massive qui s’est emparée des extraits choisis du roman pour en faire une bande son sur mesure.

Sur la scène, il y a d’un côté un micro et de l’autre une table bien fournie en platines. Comédies Françaises raconte les imbrications des temps modernes via la figure de Dimitri, fauché par la vie à 27 ans (pas de révélation, nous apprenons sa mort à la première page du livre !).

Le garçon fou de fiction et de merveilleux poursuit des recherches sur le datagramme, l’ancêtre d’internet. Au fil des pages se dresse un portrait acide des enjeux de pouvoir et de société. Alors, comment couper dans le vif pour mettre ce livre qui est comme une poupée russe en musique ?

Finalement, et c’est intelligent, deux sortes de portraits sont perfomés. Le premier est la quête folle de Dimitri dans Madrid, happé par le surgissement de la beauté d’une jeune femme. Puis, le récit de la vie de l’industriel Ambroise Roux, qui considérait les femmes comme des « êtres », des choses. La lecture oppose les rêves d’un jeune dandy esthète à pour le coup, le vieux monde, celui qui gouverne, encore.

Reinhardt lit presque en chantant, la voix douce et calme. C’est Maud Geffray qui impose le rythme, les temps de révélations et les surprises dans des montées chromatiques métalliques. Elle n’hésite pas à sortir les basses, à taper presque fort. Et il se passe cette chose belle, qui fait que la musique devient littéraire et que les mots deviennent musique. 

On sort de là avec une envie folle d’aller danser, si seulement Paris ne s’endormait pas à 21H, encore… Mais, le duo sera sur le toit du Mucem le 18 juillet 2021, en plein air, et qui sait, cela pourra puisqu’il n’y aura plus de couvre feu, peut-être se poursuivre en dance floor !

 

Visuel :ABN

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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