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Lombre et sa « lumière du noir » (Interview)

Lombre et sa « lumière du noir » (Interview)

12 septembre 2020 | PAR Kevin Sonsa-Kini

La lumière du noir est le second EP de Lombre sorti le 10 septembre 2020. Le titre fait référence à la philosophie de Pierre Soulages, ce peintre centenaire qui a influencé Lombre dans l’écriture de l’EP. À travers les six titres qui le composent, le jeune artiste, qui ne veut pas s’enfermer dans une case, veut donner un message de courage et d’espoir. Il se livre à Toute la culture.

 

Propos recueillis par Kevin Sonsa-Kini 

-Toute la culture : Qu’évoque ce titre « La lumière du noir » pour vous ? 

Lombre : Il englobe les six titres de l’EP. Dans l’écriture, j’aime parler des noirceurs qu’on ressent à l’intérieur de nous. J’aime parler du paradoxe par exemple, le bien qui va vers le mal, la douleur contre la douceur, le noir contre le blanc… J’adore ces oppositions. Pour moi, c’est ce qui représentait bien les six titres. 

-Comment cet EP a été travaillé de l’écriture des chansons, en passant par l’enregistrement et le tournage des clips ? 

J’ai mis trois ans à le réaliser de six titres. Mon premier EP est sorti en 2017. J’en étais moyennement convaincu. À travers ce second EP, j’ai voulu faire plus un truc qui me ressemble en trouvant ma recette à moi. Je voulais quelque chose de solide et construire mon identité « Lombre ». Pour la musique, j’ai travaillé avec plusieurs personnes pour faire des morceaux. En 2018, quand l’EP était sur le point d’être fini, je ne me sentais pas de le défendre. J’ai senti que je n’étais pas au bout et je ne pouvais encore aller plus loin artistiquement. Du coup, j’ai retravaillé avec un nouveau réalisateur qui s’appelle Clément Libes. Il a réalisé le dernier album de BigFlo & Oli. J’ai eu la chance de travailler avec ce gars qui est génie et qui m’a fait confiance pour réaliser cet EP. D’ailleurs, pour la petite histoire, cet EP devait sortir un poil plus tôt mais la sortie a été repoussée à cause de la crise sanitaire. 

-A travers ces six titres, quel est le message que vous voulez faire passer ? 

Le message essentiel c’est de dire qu’il ne faut pas avoir peur de parler de ses blessures, des choses qui font mal. Actuellement, on vit dans un monde ou on a tendance à cacher nos faiblesses. On veut toujours être les plus forts. C’est quelque chose qui se retranscrit dans la musique qu’on écoute aussi. Et moi, avec ma musique, je veux proposer quelque chose de différent en disant que, ce n’est pas parce qu’on a des blessures etc qu’on ne peut pas voir la lumière. C’est ça l’idée générale du projet. 

-La chanson éponyme comporte des propos de Pierre Soulages. Que représente ce peintre pour vous ?

D’abord, il est originaire de Rodez comme moi. C’est un artiste connu mondialement. Il fait partie de ma culture depuis tout petit. Je me suis inspiré de lui mais inconsciemment. Je n’y connais rien en peinture, ce n’est pas forcément mon univers. Mais petit à petit, plein de gens m’ont dit : « Ta philosophie de faire sortir la lumière du noir ressemble un peu à Pierre Soulages ». Et du coup à partir de là, je me suis dit, pourquoi pas faire un morceau sur Pierre Soulages. A la base, cette chanson ne devait pas apparaître dans l’EP et je me suis dit finalement qu’elle allait quand-même figurer dedans. Pour moi, même au-delà de la peinture, Pierre Soulages est une grande figure. Il m’inspire dans sa philosophie et il se rapproche vraiment du message que je veux faire passer dans l’EP. 

-En écoutant vos chansons, on s’aperçoit que vous voulez toujours délivrer un message d’espoir. Autrement dit pour vous, qui dit désespoir dit espoir ? 

Oui c’est ça. Si je vis de ma musique aujourd’hui, c’est parce que mes parents se sont séparés à 12 ans et c’est là que j’ai commencé à écrire. Il faut se dire que, les choses qui font mal peuvent nous permettre de faire des belles choses. Je trouve que c’est hyper beau de voir la vie dans ce sens-là. On est tous les mêmes, on avance vers l’espoir. Cette notion d’espoir est fondamentale dans mon projet. J’avoue que je parle de beaucoup de choses tristes mais je n’ai pas envie d’avoir une conclusion sombre ou triste. 

-Vous vous définissez plus comme un rappeur ou un slameur ? 

C’est compliqué parce que je me sens ni l’un ni l’autre. Je n’ai pas trop envie de me classer dans une catégorie. Le point fort de ce qui se passe dans la musique actuelle aujourd’hui c’est qu’il y a beaucoup de projets qui mélangent plein de styles, plein d’influences… C’est ce qui fait la richesse de la musique. Le rap m’a beaucoup aidé, inspiré et le slam aussi. Je suis Lombre (rires). 

-Quel message voulez-vous faire passer aux personnes qui vous soutiennent et qui vous ont aidé dans ce projet ? 

Je ne remercierai jamais assez les personnes qui sont là depuis le tout début et qui likent des choses sur Instagram etc… Ces gens là ne m’ont jamais lâché. Ça me fait super plaisir quand je vois des gens qui me suivent. Sans ces personnes qui m’encouragent, je ne serais rien. Si je fais de la musique, c’est aussi pour faire un message collectif et pas seulement pour raconter ma vie. Je veux que les gens se sentent concernés par la chose. Le but, c’est de créer une grande communauté, qu’on soit tous ensemble.

Crédits : Ulysse Maison d’Artistes

Lombre, La lumière du noir (Ulysse Maison d’Artistes / Sony Music France) 6 titres : Lumière, Crypté, Quand la ville dort encore, La colombe, Espoir Noir, La lumière du noir. 

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