Musique
Alpha Blondy, Alborosie et Gentleman sur la même scène

Alpha Blondy, Alborosie et Gentleman sur la même scène

13 mars 2011 | PAR Jerome Gros

Le 14 avril prochain, Garance Production organise au Zenith de Paris un concert extraordinaire puisque trois artistes de renom dans le monde reggae seront présents : Le chanteur ivoirien Alpha Blondy, l’Allemand Gentleman et l’Italien Alborosie.

Le chanteur italien Alborosie est peut-être le chanteur reggae contemporain qui est le plus sorti de la sphère reggae pour atteindre un public plus large : en effet, il connaît un grand succès auprès des jeunes (français, notamment), grâce à des chansons comme « Herbalist », dont l’originale est largement écoutée et dont les remix dubstep sont fréquemment utilisés en soirée. Il commence sa carrière en 1992 en Italie avec le groupe Reggae National Tickets (5 albums entre 92 et 2000). Puis, il s’installe en Jamaïque et travaille en tant qu’ingénieur/producteur dans le studio Geejam. Il crée son label, Forward Music. Il faut néanmoins attendre 2006 et la sortie de la chanson « Herbalist » pour qu’il connaisse une renommée mondiale. En 2008, son premier album solo, Soul Pirate, est un succès. En effet, l’album recèle d’excellents titres et d’excellents featurings. Ainsi, on peut citer les deux collaborations avec le chanteur Michael Rose, des Black Uhuru, « Callin’ » et « Waan the Herb ». Mais ce sont surtout des titres comme « Kingston Town » (le clip a fait plus de 8 millions de vues) ou encore « Rastafari Anthem » qui font le succès de l’album. Se trouvent présents ses anciens succès comme « Herbalist » ou encore une reprise de « Natural Mystic », de Bob Marley, avec le fils de ce dernier, Ky-Mani. La chanson « Black Woman » concentre toutes les qualités musicales du chanteur-producteur. En 2009, il sort son deuxième album, Escape from Babylon, avec notamment une reprise du titre d’Alpha Blondy, « Jerusalem », intitulée « I-rusalem », et d’énormes succès comme « Mama She Don’t Like You », avec L.eye.

Gentleman commence sa carrière dans la fin des années 90. Le succès ne se fait pas attendre, puisque dès 2001, la chanson « Leave Us Alone », frappante, plus tournée dancehall que reggae,  est largement saluée par le public. Pour son deuxième album, Journey to Jah, il collabore avec des artistes jamaïcains comme Junior Kelly (« Dangerzone »), Capleton (« Fire Ago Bun Dem »), Morgan Heritage (« Man of my own ») et Bounty killer (« Man A Rise »). Le dynamisme rythmique de gentleman et ses performances scéniques sont extraordinaires. Trois albums sortent par la suite, le dernier, Diversity, en 2010. En solo, Gentleman est impressionant (« Jah Ina Yuh Life », « Runaway », « Intoxication »), mais ce sont surtout ses duos fortement bien menés qui ont fait son succès et sa renommée. On peut alors citer « Revolution » avec la chanteuse Queen Omega, « Caan Hold Us Down », avec Barrington Levy et Daddy rings,  ou encore « Raindy Days » avec sa femme, Tamika. Gentleman réussit à concilier son style rapide dans différentes déclinaisons reggae ; ainsi, on peut l’entendre chanter des titres dont les influences vont du reggae roots au dancehall.

Ambassadeur de l’ONU pour la paix, Alpha Blondy, avec 17 albums et un best of, est certainement l’artiste reggae le plus connu. Né en 1953 en Côte d’Ivoire, Alpha Blondy voyage au Libéria (un an) puis aux Etats-Unis (4 ans) pour apprendre l’anglais et tenter de faire connaître ses compositions musicales. Malheureusement pour l’artiste, il n’y parvient pas (et ce malgré une rencontre avec Clive Hunt, mais ce dernier part pour Londres et ne produit pas l’artiste). C’est en revenant en Côte d’Ivoire, avec un passage dans l’émission « Première Chance » sur RTI, qu’il se fait connaître. Son premier album est alors produit en Côte d’Ivoire en 1982 : Jah Glory. Alpha Blondy s’est familiarisé avec la conscience rasta à New York, où l’influence jamaïcaine est importante. C’est dans cet album qu’apparaît son titre le plus connu, « Brigadier Sabari », un titre dans lequel il dénonce les violences orchestrées par la police. Engagé, Alpha Blondy affiche ses opinions et dénonce l’apartheid dans l’album Apartheid is Nazism. Les années 80 sont prolifiques pour l’artiste qui sort six albums dans la décennie dont Jerusalem ou encore Revolution, dans lequel il propose un discours de Félix Houphouët-Boigny, « le sage », premier président de la Côte d’Ivoire, agrémenté d’une petite mélodie reggae. C’est dans ce même album que figure le titre phare « Sweet Fanta Diallo » et « Time ». L’artiste, trilingue, chante à la fois en français, en anglais et en dioula (langue parlée par l’ethnie musulmane du nord de la Côte d’Ivoire). S’il soutient Gbagbo avant les élections de 2010, il lui demande par la suite de respecter le choix des urnes. Début avril, son album Vision, le 18e, donc, sera disponible.

Garance Productions nous gâte en réunissant ces trois artistes internationaux sur une seule même scène, le 14 avril prochain, pour un concert extraordinaire et immanquable. Billets disponibles ici.

 

 

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