Electro
28 août à Rock en Seine : un Stromae très attendu

28 août à Rock en Seine : un Stromae très attendu

30 août 2022 | PAR Orane Auriau

Un programme du 28 août plutôt varié avec notamment The Parcels, FKJ, Aurora, Vendredi-sur-mer. Mais l’artiste tant attendu sur la Grande Scène n’était nul autre que Stromae

Ainsi se conclut Rock en Seine

Les artistes les plus notables de cette journée étaient The Parcels et Stromae, qui ont clos la dernière journée du festival dans la soirée. Les énergiques membres des Parcels, looks vintage et coupes au bol, ont ainsi joué leurs morceaux les plus notables : Tieduprightnow, Overnight, Somethinggreater, avec en bonus la reprise de tube de Lykke Li, I follow rivers. Une musique aux accents funks, une pop sans prise de tête bien propice à un moment de détente.  

Mais le plus attendu de cette édition était l’artiste Stromae, l’occasion de performer les titres de son nouvel opus, Multitude, sorti presque dix ans après Racine carrée – qui avait à l’époque déjà placé la barre très haut. Après un long moment d’absence, il est donc de retour en force. C’est d’ailleurs avec le titre Invaincu qu’il débute le concert, qui se veut déterminé et encourageant : Stromae signifie qu’il est toujours debout, toujours prêt à en découdre. Surtout coiffé de ses macarons. 

Stromae en concert : au sommet de son art

Par ailleurs les concerts de Stromae ne déçoivent jamais, perfectionnant une nouvelle fois une véritable mise en scène : au niveau de la régie, de l’énergie scénique qu’il dégage. Les chorégraphies qu’il danse sont soignées et épousent l’esthétique des musiques. Il endosse aussi la casquette de comédien, sachant interagir avec le public et le faire rire. Il interprète différents rôles, en particulier avec Fils de joie qui alterne trois points de vue : celui du client de la prostituée, d’un policier, et du « fils de pute ». Il devient la figure de cire immobile du clip de Papaoutai, un homme avachi sur son sofa lors de Mauvaise journée

Les morceaux s’enchaînent implacablement durant au moins 1 h 30, faisant bouger la foule ou l’émouvant. Plus qu’un spectacle musical, Stromae sait à travers ses textes aborder des sujets importants mais parfois trop occultés. Dans ce dernier album se succèdent les thématiques de la paternité, des histoires de couple, des travailleurs précaires, de la solitude voire la dépression. Ses chansons sont dédiées aux invisibles, aux situations du quotidien que l’on rend bizarrement taboues. Mais loin de s’en tenir aux nouveautés, l’artiste a également performé ses tubes : Papaoutai, Tous les mêmes, Formidable, les incontournables de Racine Carrée, même l’Alors on danse de Cheese. 

Soyons honnêtes, Stromae est un génie qui sait voyager entre les genres avec son électro qui emprunte aux sonorités de tous les continents, notamment afros et asiatiques (La solassitude). Mais la Grande Scène de ce dimanche soir explore aussi une palette d’émotions dans des mélodies tantôt entraînantes, tantôt sombres (L’Enfer), avec ce pessimisme qu’on lui connaît – même avec Alors on danse. L’angoisse monte d’un cran avec Quand c’est, qui aborde frontalement le sujet de la dévastation que provoque le cancer dans nos vies, dont l’interprétation live est encore plus intense. Il l’interprète dans sa chair, sa chorégraphie en mimant la malice des métastases : de quoi donner des frissons. 

C’est ainsi ses joies, ses peines et sa lassitude qu’il partage avec le public ; aussi le bouleversement que de celui d’avoir un fils dans C’est que du bonheur. Stromae est une bête de scène qui réinterprète ses morceaux en live sous un nouveau jour. La conclusion se fait sur un élément plus surprenant : fini les animations sur écran, les instruments et lumières, Stromae chante a cappella avec ses musiciens le titre Mon Amour, fruit de sa collaboration avec Camila Cabello. Ce concert nous donne envie de voir de quelle manière il évoluera artistiquement à l’avenir, espérons que cette soirée aura été l’occasion de convaincre les plus indécis. 

 

Visuel : Stromae. © Christophe Crénel 

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Orane Auriau

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