Fictions
“Vivance” : personnage en quête de sens

“Vivance” : personnage en quête de sens

19 août 2022 | PAR Marianne Fougere

Après le succès de Fief, David Lopez confirme son statut d’auteur sur qui compter. Pour nous lecteurs mais aussi pour toutes ces âmes un peu déboussolées.

 

Que vais-je faire ? Et, plus encore, que vais-je faire de ma vie ? Telle est, en effet, la grande question du nouveau livre de David Lopez. Une question qui lui sied bien si l’on en croit le parcours de l’écrivain. Un temps apprenti sociologue, puis barman dans une communauté guatémaltèque, chanteur itinérant au Nicaragua, expulsé du Panama puis veilleur de nuit en Seine-et-Marne avant d’intégrer le master de création littéraire de l’Université Paris 8.

Avec Vivance, David Lopez nous entraîne dans l’une de ses récurrentes sorties à vélo. Assis sur le porte-bagage, nous nous laissons guider par l’inconnu. Ou plus précisément par un inconnu, personnage sans nom et sans âge dont on pressent le désœuvrement. Avant, il travaillait. Mais ça, c’était avant. Depuis, ses journées sont rythmées par les coups de pinceaux dont il afflige la façade de sa maison et la visite de Denis, un gars du coin qui habite un peu plus loin. Jusqu’au jour où l’eau s’invite dans ce quotidien somme toute banal et donne l’envie à notre personnage de tracer la route. Sa route ? Nous voilà alors embarqués dans une balade sans autre but que d’explorer un pays profond, de ceux que l’on traverse sans jamais vraiment s’y arrêter. Auprès de ceux dont on croise le visage sans jamais prendre le temps d’écouter leurs histoires.

Sur sa monture, le personnage se glisse dans la peau de celui qu’il n’est pas, de celui qui n’est pas là. Et pourtant, il n’a jamais aussi bien suivi sa route. Non pas celle toute tracée par le destin, mais celle que l’on se choisit à la force des mollets. “La vie sur le vélo c’est aussi la vie quand on y est pas.” De la même manière, la vie c’est aussi quand on y est pas ou que l’on croit ne pas y être. Et l’on risque bien de passer à côté d’elle si l’on ne fait pas attention à ces fragments de vie parsemés en bord de route. Heureusement, David Lopez s’assure que nous ne passions pas notre chemin. Avec cet art de manier l’implicite qui n’appartient qu’à lui et qui rend la lecture on ne peut plus VIVANTE.

 

David Lopez, Vivance, Paris, Seuil, sortie le 19 août 2022, 288 p., 19,50 euros.

Visuel : couverture du livre

“La peau du dos” : roman qui gratte les pages de l’histoire et de l’art
“Le commerce des Allongés” : un roman en guise de poing levé
Marianne Fougere

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