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Prix Littéraire des Grandes Ecoles : la récompense à Marie Richeux, point d’orgue d’une belle saison

Prix Littéraire des Grandes Ecoles : la récompense à Marie Richeux, point d’orgue d’une belle saison

11 juin 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Cette année, le Prix Littéraire des Grandes Ecoles a été remis au siège de la SACD. Parrainé cette année par David Foenkinos, il a été décerné à Marie Richeux, auteure d’Achille (éd. Sabine Wespieser). Son équipe organisatrice, pleine d’ambitions, aura su lui assurer une belle saison.

Cette année, le Prix Littéraire des Grandes Ecoles avait achevé de sélectionner ses livres candidats dès la fin avril. Avec, toujours, la volonté de privilégier des auteurs encore jamais primés. La liste 2015 était la suivante :
Eastern d’Andrea Salajova (Gallimard)
Un jeune homme prometteur de Gautier Battistella (Grasset) (la critique de Toute la culture ici)
Une fille de Juliette Kahane (Editions de l’Olivier) (la critique de Toute la culture ici)
Comment les grands de ce monde se promènent en bateau de Mélanie Sadler (Flammarion)
Incidents voyageurs de Dalibor Frioux (Editions du Seuil)
Les Révolutions de Jacques Koskas d’Olivier Guez (Belfond) (la critique de Toute la culture ici)
Debout-payé de Gauz (Le Nouvel Attila)
La Malédiction du bandit moustachu d’Irina Teodorescu (Gaia)
L’Homme qui s’aime de Robert Alexis (Le Tripode)
Notre-Dame-des-Vents de Mikaël Hirsch (Intervalles)
Achille de Marie Richeux (Sabine Wespieser)
Mémoires d’un atome de Vincent Eggericx (Verdier)

En mai, les seize jurés du prix, étudiants de tous horizons supérieurs (CELSA, Centrale, ESCP Europe, Master pro Edition de Paris-IV…) aimant critiquer les livres, avaient donc débattu du choix final. Chez Drouant, dans la salle où se concertent les membres de l’Académie Goncourt.

Jeudi 4 juin, au siège de la SACD, c’est Marie Richeux qui s’est vue récompensée, pour Achille. Un « récit poétique » à la première personne, qui a su faire « flotter [le jury] entre l’espoir et la résignation » (dixit Antoine Voland-Logerais, juré), entre « fantasme » et « témoignage murmuré » (mots de Pierre-Marie Bonnaud, juré lui aussi). Achille, qui est par ailleurs son premier texte narratif long : elle avait auparavant publié un recueil de textes courts, Polaroïds (éd. Sabine Wespieser, 2013). Au sein de la sélection, Marie Richeux se démarquait, selon nos jurés, par une « voix très originale ». Qu’elle fait entendre à l’écrit comme à l’oral. Journaliste à France Culture, elle y anime l’émission « Les Nouvelles vagues ». Après la remise, elle a tenu à discourir sur « espoir et résignation ».

En novembre, lors de la soirée de lancement du Prix – parrainé cette année par David Foenkinos – on avait parlé de « fougue » et d’« envie » (voir notre chronique de la soirée ici). L’équipe organisatrice, présidée par Adrien Cools et Gauthier Nabavian, a su lui assurer une saison animée. Fin avril, l’association Rhinocéros, composée d’étudiants de Science-Po Paris, et présidée par Chirine El Messiri, s’est ainsi livrée à une mise en lecture de Charlotte, dernier roman de David Foenkinos (Prix Renaudot 2014). Quatre interprètes sobres et justes, allant droit au concret, et un dispositif simple, faisant défiler les tableaux de Charlotte Salomon pendant que le texte résonnait. Besoin de rien de plus pour être immergé dans l’atmosphère de ce roman.

Jeudi dernier, lors de la remise, on a senti les étudiants satisfaits d’avoir porté, le temps d’une saison, quelques voix originales. Et d’avoir tâché de les inscrire dans un cadre ambitieux. Cette saison, le Prix a vécu à la façon d’une récompense littéraire d’importance. On espère bien qu’il contribuera à la popularité de l’ouvrage primé.

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Visuels : © Prix Littéraire des Grandes Ecoles 2015

(le jury du Prix en comité de lecture, chez Drouant // David Foenkinos à l’issue de la mise en lecture de Charlotte, avec à sa gauche les interprètes : Vincent Calas, Margaux Vessié, Romane Bouguerouche et Marie Iasci // mise en lecture de Charlotte à la Bibliothèque de Science-Po Paris, avec Gauthier Nabavian, vice-président du Prix, à gauche)

Visuel Une : logo du Prix Littéraire des Grandes Ecoles © Droits réservés

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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