Fictions
De la défense de la littérature africaine par Sylvia Arthur, au Ghana

De la défense de la littérature africaine par Sylvia Arthur, au Ghana

13 juillet 2020 | PAR Loïs Rekiba

Sylvia Arthur, a mis à disposition sa collection pour les habitants d’Accra et souhaite également organiser un lieu de débats et des résidences d’écrivains.

Ghana : Rencontre avec Sylvia Arthur, une collectionneuse qui a décidé de créer une bibliothèqhe pour défendre et promouvoir la littérature africaine. pic.twitter.com/3pu5sKIvZe

— Josly Ngoma (@josly_ngoma) July 13, 2020 « >

 

Sylvia Arthur, fondatrice de la Library of Africa and the African Diaspora (LOATAD) rêve depuis longtemps de partager sa passion pour la littérature africaine, à travers son impressionnante collection de livres. C’est désormais chose faite ! Elle a ouvert à Accra sa magnifique bibliothèque à tous les habitants. Lorsqu’elle évoque la littérature de son pays elle estime – à juste titre –  que celle-ci «  a toujours été négligée, elle n’est pas mise en valeur, elle n’est pas prise au sérieux et elle n’a jamais été archivée » et que donc « C’est précisément le but de cette bibliothèque ! » que de faire rayonner l’originalité et la diversité de la littérature africaine.

C’est en 2017, après avoir abandonné son job en Europe dans le secteur de la communication, que la jeune femme décide de rentrer vivre au Ghana pour mener à bien son projet de bibliothèque solidaire sur son épargne. « On a commencé avec une seule pièce, et maintenant nous avons une maison entière remplie de livres », s’enthousiasme la propriétaire de près de 4 000 ouvrages, dans le quotidien français Le Monde.

C’est une bibliothèque toute neuve, rénovée et agrandie, qui a ouvert ses portes début juillet dans un paisible quartier d’Accra, et juste après après la levée des mesures strictes de confinement mises en place lors de la crise sanitaire.

Sylvia Arthur met à disposition des habitants de la ville un espace moderne et lumineux, où il est possible de prendre place dans des larges canapés ou des chaises en bois sculptées (traditionnelles d’Afrique de l’Ouest) afin de lire et/ou emprunter des livres pour un abonnement annuel de 600 cédis (environ 90 euros).

 

On trouve sur les étagères des auteurs de tous les pays du continents, du Nord (Assia Djebar, Naguib Mahfouz, …) au Sud, avec Doris Lessing, Yvonne Vera, l’écrivaine contemporaine Petina Gappah, ainsi que écrits par presque tous les écrivains noirs d’Europe, des Etats-Unis ou des Caraïbes. On retrouve aussi des publications rares, qui ne sont parfois plus du tout éditées.  

Dans une certaine mesure, c’est bien le mouvement mondial Black Lives Matter (« les vies noires comptent »), qui a donné et donne encore plus de sens à ce projet. Pour entamer les débats autour des impensés soulevés par le mouvement,  Sylvia souhaite mettre en place des discussions, des débats, mais aussi des résidences d’écrivains dans l’objectif de créer un lieu et un lien d’échange des idées autour de l’histoire de la diaspora africaine, du racisme, etc… »Nous avons besoin d’une initiative comme celle-là » affirme t-elle, d’un ton somme toute résolument déterminé.

 

©Photo LIBRARY OF AFRICA AND THE AFRICAN DIASPORA – LOATAD

 

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Loïs Rekiba

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