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Mort d’Assia Djebar, Simone de Beauvoir algérienne

Mort d’Assia Djebar, Simone de Beauvoir algérienne

09 février 2015 | PAR Matthias Turcaud

Brillante académicienne et écrivain d’origine algérienne, Assia Djebar s’est éteinte vendredi 6 février à l’âge de 78 ans. Témoin de l’histoire de l’Algérie et de son évolution, elle aura milité aussi toute sa vie pour la cause des femmes, déclarant notamment : « J’écris, comme tant d’autres femmes écrivains algériennes avec un sentiment d’urgence, contre la répression et la misogynie. » 

Première femme musulmane et algérienne à intégrer l’Ecole Normale supérieure de jeunes de filles de Sèvres – où elle est cependant exclue pour avoir fait une grève sous l’impulsion de l’Union générale des Etudiants musulmans algériens -, Assia Djebar, de son vrai nom Fatima Zohra Imalayène, aura multiplié les distinctions honorifiques et les récompenses le long d’un parcours de vie très brillant. Elue membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique en 1999, et de l’Académie française en 2005, elle était également docteur honoris causa des universités de Vienne, Concordia et Osnabrück, chevalier de la Légion d’honneur et Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres. Il faut croire qu’elle-même était consciente de sa valeur, allant jusqu’à écrire une thèse sur sa propre oeuvre à l’université Paul Valéry – Montpellier 3 en 1999.

Intime et collective à la fois, son oeuvre s’est en particulier focalisée sur l’histoire de l’Algérie, ainsi que sur le rôle et le traitement des femmes dans ce pays – dans, par exemple, Les enfants du nouveau monde en 1962 et Les Alouettes naïves en 1967, situées durant la guerre d’indépendance algérienne ; Femmes d’Alger dans leur appartement, paru en 1980, et qui emprunte son titre aux tableaux d’Eugène Delacroix et Pablo Picasso ou encore Loin de Médine, publié en 1991, dans lequel sont évoqués les agissements de femmes lors des derniers jours du prophète Mahomet. Après un livre sur son rapport à la langue de Molière intitulé La disparition de la langue française, écrit en 2003, son dernier qui date de 2007, dénommé Nulle part dans la maison de mon père est un récit intimiste dans lequel l’académicienne se souvient de son adolescence et de ses premiers combats.

Crédit photo : creative commons.

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Matthias Turcaud
Titulaire d'une licence en cinéma, d'une autre en lettres modernes ainsi que d'un Master I en littérature allemande, Matthias, bilingue franco-allemand, est actuellement en Master de Littérature française à Strasbourg. Egalement comédien, traducteur ou encore animateur fougueux de blind tests, il court plusieurs lièvres à la fois. Sur Toute La Culture, il écrit, depuis janvier 2015, principalement en cinéma, théâtre, ponctuellement sur des restaurants, etc.Contact : turcaud.matthias@gmail.com

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