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Live-Report : un dernier jour harmonieux au 22e Music et Cinéma, Festival International du Film d’Aubagne

Live-Report : un dernier jour harmonieux au 22e Music et Cinéma, Festival International du Film d’Aubagne

06 juin 2021 | PAR Yaël Hirsch

Après une édition numérique en 2020, Music et Cinéma a tenu bon et proposé de rassembler les publics dans les salles d’Aubagne. A 35 % des jauges, les files étaient longues devant le cinéma de Pagnol. Après Ibrahim Maalouf en début de semaine, c’est Samir Guesmi et son compositeur pour Ibrahim, Raphaël Elig (Raphaël Eligoulachvili) qui étaient invités d’honneur. Autre duo de choc: Rebecca Zlotowski et Robin Coudert sont venus présenter leur travail. Enfin, après la remise de palmarès, le Festival s’est terminé par un traditionnel ciné-concert dirigé par la compositrice Florencia Di Concilio

Rebecca Zlotowski & Rob

Notre journée à Aubagne a donc commencé au Pagnol après la projection à 13h de Grand Central de Rebecca Zlotowski. La réalisatrice était venue avec son compositeur de toujours, Robin Coudert (également compositeur de Audiard ou Rochant), qui la suit depuis Belle épine et jusque dans les séries (Les sauvages) et actuellement un nouveau projet. Amis de toujours, aiguillés par les questions du journaliste Benoit Basirico, ils ont fait valoir leur complicité et beaucoup parlé de références générationnelles et de « langage commun ». Pour Rob, la musique de film est « une troisième dimension qui jaillit hors des images », ajoutant que « la musique n’est pas là pour souligner mais pour raconter ». De Grand Central, ils ont tous deux expliqué le contraste entre l’intérieur de la centrale, technologique et bruissant et l’extérieur, naïf ou primitif comme un Douanier-Rousseau ou une flûte et des percussions. On a beaucoup posé à Rob la question de sa « patte » ou sa « signature sonore » et Rebecca Zlotowski a beaucoup apprécié les questions précises et techniques du public d’Aubagne qui lui ont permis de mieux s’immerger dans le travail de RoB. 

Ibrahim, de Samir Guesmi

A 18h, toujours au Pagnol, Samir Guesmi est venu présenter son premier long, Ibrahim, avec son composteur Raphaël Eligoulachvili. Primé à Premiers Plans, labellisé Cannes 2021, Ibrahim sort enfin en salles le 23 juin. Histoire d’un père et d’un fils, roman d’apprentissage et hymne à Paris, le film marque par sa musique subtile. « Samir Guesmi ma appris l’épure », nous a dit son compositeur… »

La masterclass de Florencia Di Concilio

Enfin, après avoir raté quelques paroles et notamment l’annonce de la fin de Music et Cinéma à Aubagne, nous avons pu entrer dans le théâtre Comedia pour la cérémonie de clôture (lire notre article sur la Palmarès) et le Cine-Concert qui est le fruit du travail de la masterclass de la compositrice Florencia Di Concilio avec ses étudiants. Quatre courts-métrages ont été revisités par cette masterclass et le résultat était aussi festif qu’impressionnant.

Le film d’animation Eaux fortes Remi Chayé (2005) nous fait suivre un jeune homme pris dans une tempête urbaine. On entend la rue puis des percussions et un accordéon mélancolique … Quelques pizzicati au violon et violoncelle nous font passer sous l’eau en mode pneumatique et l’on retrouve l’accordéon. 

EAUX FORTES from rémi chayé on Vimeo.

Le deuxième extrait est la version restaurée de Psy-show de Marina de Van (1999) avec Philippe Laudenbach. C’est réaliste, littéralement affalé sur sur le divan avec une bougeotte inquiétante du psy et la composition tango est minimaliste renforcé l’inquiétante étrangeté. 

Le troisième court, est le sulfureux Assassins (1997) de Mathieu Kassovitz, où met en scène Marc Berman en père qui initie son fils à l’art de tuer… avec un contrat sur un petit vieux. « Mieux vaut aller à la poste qu’à la postérité », nous prévient-on d’entrée de jeu et la musique de la masterclass prend le contre-pied pour grimper jusqu’à la fanfare. 

Quatrième et dernier opus, Fierrot le pou est toujours signé Mathieu Kassovitz, est en noir et blanc, et filme terrain de basket occupé par un homme moyennement doué et une femme beaucoup plus balèze. La musique de la masterclass est plus onirique, non dénuée d’humour et souligne encore une image très travaillée. En final, les musiciens reprennent leurs notes-phares, les festivaliers quittent le théâtre en espérant pouvoir encore partager quelques sensations. Et, la plupart des films et les deux masterclasses d’aujourd’hui seront accessibles en ligne, du 7 au 12 juin.

visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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