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« Patrick » de Tim Mielants remporte le prix du Festival international du Film d’Aubagne (Critique)

« Patrick » de Tim Mielants remporte le prix du Festival international du Film d’Aubagne (Critique)

06 avril 2020 | PAR Yaël Hirsch

Cette année, le Festival international du Film d’Aubagne a eu lieu de manière numérique du 30 mars au 4 avril et a permis aux spectateurs de suivre la compétition à travers son site. Et pour son Grand Prix de la meilleure musique originale, le jury a fait le choix du minimalisme goûteux avec le compositeur Geert Hellings du film Patrick de Tim Mielants.

Alors que tous les films primés, dont le court, L’heure de l’ours de Agnès Patron, Grand prix de la meilleure création musicale, sont encore visibles gratuitement ce 6 avril sur le site du Festival, le jury composé de Najla Ben Abdallah (actrice), Lisa-Kainde Diaz (compositrice & chanteuse), Harold Manning (réalisateur, scénariste, producteur et Interprète), Hasan Ugur (programmateur de festival) a donc remis son Grand prix de la meilleure musique originale, doté par ALCIME d’une valeur de 2000 €, au compositeur Geert Hellings pour le film Patrick de Tim Mielants.

Le réalisateur belge connu pour son travail sur les séries (Peaky Blinders, Légion… et actuellement Tales from the Loop sur Amazon Prime) a déjà conquis Karlovy Vary comme meilleur réalisateur, dépassé les 50 000 entrées au Benelux et remporté le prix du film flamand de l’année, avec ce portrait surréaliste et merveilleusement cadré et déroulé sur le devenir de l’héritier d’un camping naturiste.

Fils unique et héritier du propriétaire d’un camping naturiste dans les Ardennes, Patrick (Kevin Janssens, bluffant) est un gentil quadragénaire toujours à la maison qui passe ses journées à sculpter des meubles en bois et à se promener avec sa maman aveugle. Quand en même temps son père meurt et son marteau préféré disparaît, le monde de Patrick menace de s’écrouler. Aura-t-il assez d’aplomb pour prendre le relais de son père ?

Déroulant avec brio la logique implacable du marteau manquant, Tim Mielants nous parle de deuil, d’apprentissage, de chaîne qui se poursuit, avec la poésie surréaliste infinie condensée dans des images sublimes de vieux corps libres parmi les bouleaux. Avec un personnage principal parfaitement dessiné en peu de mots (et tous tournent autour de « marteau »), une galerie de personnages secondaires assez fascinés par ce type tout d’un bloc, pattes à l’air sous sa chemisette, et qui est purement et vraiment « authentique », le film maîtrise son rythme, son sujet et sa surprise avec une musique minimale qui finit le travail de relief et l’apparition parfaite de Bouli Lanners en figure bonhomme d’autorité. Un petit bijou qu’on ne peut que vous enjoindre à aller voir en ligne, en espérant une sortie française prochaine.

Patrick, de Tim Mielants, avec Kevin Janssens, Pierre Bokma, Ariane van Vliet, Hannah Hoekstra, Jemaine Clement, Bouli Lanners, Frank Vercruyssen, Janne Desmet, Jean-Benoît Ugeux, Louis van der Waal, Tine Van den Wyngaert, Katelijne Damen, Josse De Pauw, Peter Gorissen, Jan Bijvoet, Françoise Chichery, Belgique/Pays-Bas, Fiction, 97, Numérique HD, 2019, 1er film.
visuel : affiche belge du film

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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